et que l’on sache lequel des deux moments est postérieur : celui-ci abroge alors le premier. Il se peut aussi que l’un des deux récits comporte une indication abrogeant l’autre, comme dans cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — : « Je vous avais interdit les viandes des sacrifices ; mangez-en donc et mettez-en en réserve. »
Ou comme dans cette autre parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le préserve — : « Je vous avais interdit de visiter les tombes ; visitez-les donc. »
Mais si l’on ne sait pas lequel des deux récits est antérieur à l’autre, ni lequel abroge et lequel est abrogé, et si rien, ni dans l’un d’eux ni ailleurs, ne permet de le déterminer, alors ils sont contradictoires.
188 — Muhammad ibn Idrīs al-Shāfiī — qu’Allah lui fasse miséricorde — a dit :
« S’il est possible de mettre les deux récits en pratique, il faut le faire, [peu importe] que l’un ait été rapporté par un seul transmetteur intègre et l’autre par un groupe de transmetteurs intègres. Le récit d’un seul peut en effet s’opposer à celui d’un groupe, dès lors que ce transmetteur est digne de confiance et ne s’est pas trompé, sauf si l’on s’accorde sur son erreur. La vérité réside dans l’un des deux ; elle ne saurait se trouver à la fois en lui et en son contraire. »