d’une ou de deux lettres — question qui, disait-il, a pourtant un fondement dans le Livre : est-ce créé ou incréé ?
Je lui répondis : « C’est incréé tant que l’on n’entend pas par là réciter le Coran. »
Il répliqua : « Donc, d’après toi, le Coran devient une simple parole par ton intention, et la parole devient Coran par ton intention. »
Je lui dis : « Il arrive en effet qu’une brève formulation prenne une autre valeur selon l’intention et le dessein ; je te l’accorde. »
Puis j’ajoutai : « Ne sais-tu pas que la formule : “Il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah” est le sommet de la foi et la parole de l’unicité ? »
— « Si, bien sûr », répondit-il.
Je repris : « Que juges-tu d’un impie qui prononce : “Il n’y a de divinité…”, voulant par là nier toute adoration ? Que vaut sa parole ? »
— « C’est de la mécréance », dit-il.
Je conclus : « Ainsi, la moitié de la parole de l’unicité est devenue, par l’intention, une mécréance. »
Je poursuivis : « Et que dis-tu d’un croyant qui veut dire : “Il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah”, mais ne prononce que : “Il n’y a de divinité…”, avant que son souffle se coupe et qu’il s’interrompe par inadvertance ? Comment juges-tu ses mots ? »
— « Dans sa situation, c’est une manifestation de foi », répondit-il.
Je lui dis : « Vois-tu ? Ce qui, là-bas, était mécréance par l’intention devient ici foi par l’intention. »
Je repris : « Et toi, que dis-tu du Coran ? »
— « Il est créé », affirma-t-il.
Je demandai : « Et les actes des serviteurs ? »
— « Incréés », répondit-il.
Je répliquai : « Que dis-tu alors de la parole d’Allah : “Il les humiliera, vous donnera la victoire sur eux et guérira la poitrine d’un peuple croyant” [9 : 14] ? Qu’est-ce donc ? »
— « Un verset », dit-il.
Je demandai : « Est-il, pour toi, créé ou incréé ? »
— « Créé », répondit-il.
Je conclus : « Or Duʿbil ibn ʿAlî, le poète, en a fait un vers dans un long poème, disant : »