ni même été connus. Aussi, lorsque les gens, désemparés, se tournèrent vers leurs savants, ceux-ci ne leur dirent pas : « Il s’agit là d’une innovation dont personne n’a jamais parlé ; n’entrez pas dans ce débat. » Au contraire, ils dissipèrent le doute par la certitude, éclaircirent la confusion, levèrent l’angoisse et, d’un commun accord, affirmèrent que le Coran n’est pas créé. Ils en rendirent la fatwa, avancèrent arguments et démonstrations, débattirent, comparèrent, et tirèrent leurs preuves du Livre d’Allah – exalté soit-Il –, telles que Sa parole : « N’est-ce pas à Lui qu’appartiennent la création et le commandement ? » et Sa parole : « En vérité, Moi, je suis Allah ; il n’y a de divinité que Moi ; adore-Moi donc. »
Quant à l’objection : « C’est une innovation dont nul n’a parlé ; n’allez pas vous en charger », elle ne tient pas, car on ne se réfugie auprès du savant qu’au sujet d’une innovation, non pour ce qui relève déjà de la sunna et a été traité par les Anciens ; si la question avait véritablement été résolue, on aurait pu se passer d’eux.
La parole ne se réfute pas par le silence ; le doute ne se soigne pas par l’immobilisme ; l’innovation ne se repousse pas en brandissant simplement la sunna. Au contraire, le faux se renforce lorsque tu le vois et que tu t’abstiens de le combattre.
Et si la bonne attitude consistait à se borner à dire « le Coran » sans affirmer qu’il est créé ni qu’il ne l’est pas, quel argument aurions-nous encore contre les wāqifah ? Pour quelle raison les avons-nous qualifiés de sceptiques et d’égarés, certains savants de la sunna allant même jusqu’à les déclarer mécréants et à excommunier quiconque doutait de leur impiété ? S’agit-il, ici comme là, d’autre chose qu’un même cas de figure ?
On pourrait objecter : « Sufyān al-Thawrī, Ibn ʿUyayna, Ibn al-Mubārak et leurs semblables ne sont pas restés dans l’indécision. »