fit que confirmer les propos de l’épouse qui lui avait demandé : « Crains-tu donc pour toi-même ? », s’appuyant ainsi sur ses paroles ; or il n’aurait pas dû redouter quoi que ce soit, puisque, selon leur thèse, le cœur était déjà préservé par deux bienfaits.
De même, ils ont rejeté l’autre ḥadith : « Il porte la terre sur un doigt, telle chose sur un doigt, telle autre sur un doigt », sous prétexte que, dans ce passage, le « doigt » ne saurait désigner un bienfait.
Quant au « rire », ils le rapprochent d’expressions arabes telles que : « La terre a ri de sa végétation » — quand toutes sortes de fleurs y apparaissent — ; « le régime de dattes a ri » — lorsque sa gaine s’ouvre en laissant voir sa blancheur ; ou encore : « le nuage a ri » — lorsque l’éclair le traverse.
Or, dans chacun de ces exemples, le mot « rire » renvoie bien à un phénomène réel ; si donc ils fuient le terme parce qu’il leur semble impliquer une comparaison avec l’être humain, leur explication n’en demeure pas moins une assimilation à ces réalités-là.
[Réfutation des anthropomorphistes]
Lorsque certains constatèrent l’excès de ces négateurs, ils ripostèrent par un excès inverse, poussant l’assimilation jusqu’au bout : ils soutinrent un anthropomorphisme pur, parlèrent de directions et de limites, prirent les formulations des ḥadiths au pied de la lettre, affirmèrent qu’elles impliquaient une modalité précise, et, parmi les expressions les plus décriées, ils s’arrêtèrent littéralement à : « la sueur… »