et qu’elles proviennent, par de nombreuses voies indépendantes, de rapporteurs dignes de confiance. Aussi, lorsque le Très-Haut déclare : « Les regards ne L’atteignent pas » (Coran 6 : 103) et que le Messager d’Allah ﷺ affirme : « Vous verrez Allah le Jour de la Résurrection », il apparaît clairement à tout observateur qu’il s’agit d’un moment précis, et non de tous les moments.
La parole de Moïse – sur lui la paix – : « Seigneur, fais-Toi voir à moi afin que je Te contemple » (Coran 7 : 143) constitue une preuve encore plus évidente qu’Il sera vu au Jour du Jugement. Car, si Allah ne pouvait jamais être vu et si la vision était impossible à Son sujet, il en résulterait que Moïse aurait ignoré un attribut divin que ces négateurs prétendent, eux, connaître.
Selon eux, quiconque soutient qu’Allah est « appréhendé » par la vue au Jour de la Résurrection Lui impose une limite ; celui qui considère Allah limité Le compare aux créatures ; et celui qui Le compare aux créatures, affirment-ils, est mécréant.
Que dirons-nous donc de Moïse, depuis l’instant où Allah – Exalté soit-Il – le missionna et lui parla depuis le buisson, jusqu’à celui où il déclara : « Fais-Toi voir à moi afin que je Te contemple » ? Le taxerons-nous d’avoir limité Allah et de L’avoir assimilé à la création ? Par Allah, il est impensable que Moïse ait pu ignorer pareille réalité divine, si leurs prétentions étaient fondées. En vérité, Moïse savait qu’Allah sera vu au Jour de la Résurrection ; il demanda donc à son Seigneur de lui accorder, dès ce monde, ce qu’Il a réservé pour Ses prophètes et Ses élus dans l’Au-delà.
Allah lui répondit : « Tu ne Me verras pas » – c’est-à-dire ici-bas – ; « mais regarde la montagne : si elle tient en place, alors tu Me verras ». Il l’informa ainsi que la montagne ne résisterait pas à Sa manifestation et serait pulvérisée ; et si les montagnes elles-mêmes sont incapables de supporter cela, le fils d’Adam l’est, à plus forte raison, encore moins – jusqu’à ce qu’Allah lui accorde, au Jour du Jugement, la force nécessaire pour Le contempler et qu’Il ôte le voile qui, en ce monde, obstruait sa vue, de sorte que des yeux jadis émoussés deviennent perçants.
Le tajallî (manifestation) signifie en effet « se montrer ». De là, l’on dit : « j’ai poli (jalawtu) le miroir ou l’épée » quand on les débarrasse de la rouille pour les faire briller, et « j’ai dévoilé (jalawtu) la mariée » quand on la présente au grand jour.
(Réfutation des négateurs de l’attribut de la nafs)
Ils objectent encore à propos de la parole divine : « Tu sais ce qui est en moi, et je ne sais pas ce qui est en Toi » (Coran 5 : 116)