ils s’en détournent ; quand on les appelle, ils s’offusquent ; quand on les exhorte, ils tournent la chose en dérision ; quand on les interroge, ils se montrent arbitraires ; et lorsqu’ils interrogent, ils accablent. Ils ont morcelé la religion et se sont mués en factions : ils s’affublent mutuellement de sobriquets, s’anathématisent réciproquement, s’épaulent sur des appartenances partisanes et s’entraident selon leurs passions. Ainsi, l’islam est redevenu un étranger, comme à son aurore. Qu’y a-t-il donc d’étonnant à voir les épées tirées du fourreau, la peur gagner tous les cœurs, les biens et les vies s’amoindrir ? Après que nous avons redoublé d’égarement, pouvons-nous espérer autre chose qu’un redoublement d’épreuves, jusqu’à ce qu’Allah prononce entre nous Son jugement comme Il le veut ? Il est le meilleur des juges.
Autrefois, l’étudiant en sciences religieuses écoutait pour comprendre, comprenait pour mettre en pratique, s’initiait au fiqh afin de se rendre utile et de faire le bien autour de lui. Aujourd’hui, ce même étudiant écoute pour amasser, amasse pour réciter, mémorise pour l’emporter et se glorifier. Les débatteurs en fiqh, jadis, échangeaient sur les questions majeures qui se présentent concrètement, sur les usages manifestes, sur les affaires qui touchent le commun des gens, si bien qu’Allah faisait profiter de ces discussions l’orateur comme l’auditeur ; désormais, l’essentiel de la controverse porte sur l’infime et le subtil, sur ce qui n’a pas lieu d’être, ou encore sur ce qui a