un râfidite ; tu vois les ennemis de Dieu triompher de Ses alliés, les mettre à mort par toutes sortes de supplices et les déchirer sans ménagement.
Tu constates aussi que les hommes se répartissent en diverses catégories de faveurs. Il en est à qui Dieu a d’emblée accordé les bienfaits : Il les a installés dans les campagnes fertiles, les a honorés, pourvus de serviteurs, a embelli leurs visages, éclairci leur teint ; Il leur a fait boire une eau fraîche et douce, leur a attribué les nourritures les plus délicates, les a rassasiés de tous les fruits. Il leur a prodigué intelligence et discernement, a délié leurs langues par la sagesse, ouvert leurs esprits à la science, et Il a suscité parmi eux — tout près d’eux — les messagers qui s’adressaient aux habitants de cette contrée où Dieu, par Sa grâce, nous a établis.
D’autres, au contraire, Il les a relégués aux confins du monde, dans des terres stériles ; Il les a humiliés, laissés nus, a rendu leur apparence ingrate, assombri leur peau, leur a fait boire une eau saumâtre et amère, a fait de leurs aliments les insectes et les herbes, les a privés d’intelligence, tenus loin du lieu où paraissent les messagers et de l’ultime appel. Ils sont pareils aux bestiaux, non, plus égarés encore. Puis Il les a destinés à l’Enfer pour en être la proie et le combustible de son brasier : tels les Zanj, nombre de peuples soudanais, diverses nations non arabes, ainsi que Gog et Magog. Ceux-là peuvent-ils donc invoquer un argument contre Dieu au sujet de ce qu’Il a octroyé aux autres et leur a refusé ?
Par la vie de Dieu ! Nul n’a d’argument à Lui opposer, nul ne détient de droit préalable sur Lui, et rien, dans Sa création, ne Lui est associé ; la preuve décisive Lui appartient, et Il fait ce qu’Il veut.
La parole équilibrée à propos du décret divin consiste à savoir que Dieu est Juste et ne commet jamais d’injustice : dans Sa création, dans Son arrêt préalable, dans ce qu’Il donne et dans ce qu’Il retire. Rien n’échappe à Sa puissance, et il ne se produit, dans Son royaume des cieux et de la terre, que ce qu’Il veut. Il n’a de dette envers personne et nul n’a sur Lui de droit antérieur ; s’Il accorde, c’est par grâce, et s’Il prive, c’est par justice. Les serviteurs, eux, sont capables d’agir, œuvrent effectivement et seront rétribués selon ce qu’ils acquièrent. Quant à Dieu, Il détient une faveur subtile qu’Il amorce en qui Il veut, qu’Il dispense à celui qu’Il aime : Il la fait descendre dans les cœurs, qui reviennent alors à Son obéissance, ou bien Il la retient.