et que celui qui dit : « Si j’avais voulu, j’aurais accompli le pèlerinage », ou encore : « Si j’avais voulu, je me serais marié », veut dire, dans les deux cas, qu’il ne l’a pas voulu. Il faut donc appliquer la même règle au verset : « Si ton Seigneur avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient, tous ensemble, cru » ; c’est bien qu’Il ne l’a pas voulu. Il en va de même pour : « Si Allah l’avait voulu, Il aurait guidé tous les hommes » et pour : « Si Nous l’avions voulu, Nous aurions accordé à chaque âme sa guidance ».
Si quelqu’un objecte : « Il a voulu dire que, s’Il l’avait voulu, ils auraient cru sous la contrainte, mais qu’Il n’a pas voulu les y contraindre », nous lui répondons : de toute façon Il ne l’a pas voulu ; tourne donc la question comme il te plaira.
On avance encore : « Allah agit envers Ses serviteurs de la façon qui leur est, en toute circonstance, la plus profitable ». Lequel des deux cas leur eût donc été le plus avantageux ? Qu’Il les contraigne à la foi et qu’ils croient, ou qu’Il les laisse à eux-mêmes et qu’ils deviennent mécréants ? Voilà le point à examiner.
Quant à la langue, il est impossible d’y prendre idhn (permission) au sens de « science », car al-idhn, c’est l’autorisation elle-même. Ne vois-tu pas que si quelqu’un te dit : « Je t’ai annoncé la sortie de l’émir, à titre d’avertissement », c’est-à-dire : « Je t’en ai informé », la réponse appropriée serait : « Tu m’as bien annoncé », ce qui signifie : « Je l’ai entendu et, par là même, je l’ai su ». Le terme iʾdhān, tiré de l’udhun (l’oreille), consiste à faire parvenir l’information jusqu’à l’oreille ; et l’oreille, c’est l’audition puis la connaissance.
Adî b. Zayd a dit :
Ô cœur, console-toi par quelque divertissement ;
mon souci, à moi, est d’entendre et d’écouter.
De là vient l’adhân (l’appel à la prière) : il sert uniquement à faire entendre son rappel aux gens afin qu’ils le sachent. De même, la parole d’Allah – Exalté soit-Il – : « … et une proclamation venant d’Allah et de Son Messager » signifie un message à faire entendre, une annonce. Enfin, idhn appliqué à quelque chose, c’est la vouloir et l’autoriser ; on dit : « Je lui ai permis de sortir, idhnan ». Cela n’échappe à personne qui a examiné et compris la langue.
Ils ont encore commenté cette parole d’Allah – Exalté soit-Il – : « À qui Allah veut guider, Il ouvre la poitrine à l’Islam, et à qui Il veut égarer, Il rend la poitrine étroite et oppressée. »