l’accomplissement de l’adoration selon la forme aimée du Seigneur et qu’Il agrée. Son fondement est obligatoire, tandis que sa perfection relève du rang des rapprochés.
De même, chacun de ces devoirs du cœur possède deux limites :
– un minimum obligatoire, dûment exigible, qui correspond au rang des Gens de la Droite ;
– une perfection recommandée, qui correspond au rang des Rapprochés.
Il en va ainsi pour la patience : elle est obligatoire par consensus de la communauté. L’imam Aḥmad a dit : « Allah a mentionné la patience en quatre-vingt-dix – ou un peu plus de quatre-vingt-dix – passages du Coran. » La patience, elle aussi, présente ces deux degrés : un minimum obligatoire et une perfection recommandée.
[Il évoqua ensuite la catégorie des obligations contestées – jusqu’à dire :]
L’objectif est que le souverain des membres – le cœur – demeure, lui et ses dépendants, dans l’adoration d’Allah. Quant aux interdits qui le visent, ils sont l’orgueil, l’ostentation, l’autosatisfaction, l’envie, la négligence et l’hypocrisie. Ces fautes se répartissent en deux grandes catégories : la mécréance et la désobéissance. Relèvent de la mécréance le doute, l’hypocrisie, l’associationnisme et tout ce qui en découle.
La désobéissance, elle, se subdivise en grands et en petits péchés.
Parmi les grands péchés : l’ostentation, l’autosatisfaction, l’orgueil, la vanité, l’arrogance affichée, le désespoir de la miséricorde d’Allah, le découragement quant à Son secours, le sentiment d’être à l’abri de Ses desseins, la joie et l’allégresse provoquées par le tort fait aux musulmans, le fait de se réjouir de leurs malheurs, d’aimer que l’indécence se répande parmi eux, de les envier pour les faveurs qu’Allah leur a accordées et de souhaiter la disparition de ces bienfaits. Tout ce qui s’y rattache est plus sévèrement interdit que la fornication, la consommation de vin ou tout autre grand péché apparent.
Le cœur comme le corps ne sauraient être sains qu’en fuyant ces travers et en s’en repentant ; autrement, le cœur devient corrompu, et lorsque le cœur se corrompt, c’est tout le corps qui se corrompt.
Ces fléaux ne naissent que de l’ignorance de la servitude due par le cœur et du fait de la délaisser.