incapables de se prosterner.
Une fois qu’ils auront gagné la demeure de la rétribution et du châtiment, toute obligation légale y cessera. La servitude des gens de la récompense se muera alors en une glorification perpétuelle qui accompagne chacun de leurs souffles, sans qu’ils y éprouvent fatigue ni lassitude.
Quiconque prétend atteindre un état où toute forme d’adoration lui serait levée est un zindîq, mécréant envers Allah et Son Messager ; en vérité, il n’est arrivé qu’au stade de la négation d’Allah et du reniement de Sa religion. Plus un serviteur progresse dans les degrés de la servitude, plus celle-ci s’amplifie et plus ce qui lui incombe dépasse ce qui est exigé de celui qui lui est inférieur. C’est pourquoi les obligations imposées au Messager d’Allah ﷺ — et, plus largement, à tous les envoyés — sont plus considérables que celles imposées à leurs communautés. De même, ce qui est requis des Messagers doués de résolution est plus grand que ce qui pèse sur ceux qui n’atteignent pas leur rang, et les devoirs incombant aux détenteurs du savoir sont plus lourds que ceux imposés à qui leur est inférieur ; à chacun selon sa position.
Fasl
Chapitre : la servitude générale et la servitude particulière
La servitude se divise en deux catégories : une générale et une particulière.
- La servitude générale : il s’agit de la soumission de tous les habitants des cieux et de la terre à Allah — vertueux ou pervers, croyants ou mécréants. C’est la servitude de la domination et de la souveraineté. Le Très-Haut dit (19 : 88-93) : « Ils ont dit : “Le Tout-Miséricordieux S’est attribué un fils !” — Vous avancez là une chose monstrueuse ! Peu s’en faut que les cieux ne se fendent, que la terre ne se brise et que les montagnes ne s’effondrent, pour avoir attribué un enfant au Tout-Miséricordieux, alors qu’il ne convient nullement au Tout-Miséricordieux de Se donner un fils. Il n’est personne dans les cieux et sur la terre qui ne vienne vers le Tout-Miséricordieux en serviteur. » Ainsi, cette servitude englobe aussi bien les croyants que les mécréants.
Il dit encore (25 : 17) : « Le jour où Il les rassemblera, eux et ceux qu’ils adoraient en dehors d’Allah, Il dira : “Est-ce vous qui avez égaré Mes serviteurs, ceux-ci ?” » Il les a donc appelés « Mes serviteurs » malgré leur égarement ; toutefois, cette appellation reste restreinte par l’indication déictique, tandis que l’appellation absolue n’est employée que pour les gens de la seconde catégorie, comme on l’exposera — si Allah le veut.
Et Il dit (39 : 46) : « Dis : “Ô Allah, Créateur des cieux et de la terre, Toi qui connais… »