d’autres encore le franchiront comme le vent ; certains comme le cavalier qui vient de resserrer la sangle de sa monture ; d’autres en courant ; d’autres en marchant ; d’autres enfin en rampant. Il y aura ceux qui, tout en étant égratignés, seront tout de même sauvés, et ceux qui seront précipités, culbutés avec la foule. Que le serviteur examine donc la manière dont il avancera là-haut sur ce ṣirāṭ en la mesurant à sa manière d’avancer ici-bas, trait pour trait, « rétribution parfaitement équitable » : « Ne serez-vous rétribués que selon ce que vous faisiez ? » (Coran 52, 16).
Il apparaît ainsi que demander la guidance renferme l’obtention de tout bien et la sauvegarde contre tout mal.
Septième point : connaître l’objet même de la demande, à savoir la voie droite (aṣ-ṣirāṭ al-mustaqīm).
Une route ne mérite le nom de ṣirāṭ que si elle réunit cinq qualités : 1) la rectitude, 2) le fait de mener au but, 3) la proximité — c’est-à-dire la brièveté du trajet —, 4) la largeur qui permet à ceux qui la prennent de passer aisément, 5) son caractère exclusif, en tant qu’unique voie menant à la destination. Il est évident que la voie droite englobe ces cinq qualités.
Que chacun repère les doutes et les passions qui l’empêchent de progresser sur ce ṣirāṭ ; ce sont, en vérité, les crochets dressés de part et d’autre de l’autre ṣirāṭ : ils hissent, retiennent ou arrachent le voyageur et l’empêchent de passer. Plus ces entraves sont nombreuses et puissantes ici-bas, plus elles le seront là-haut — « Ton Seigneur n’est nullement injuste envers les serviteurs » (Coran 41, 46).
Le qualificatif « droit » implique la proximité, car la ligne droite est le plus court intervalle entre deux points ; toute courbure l’allonge et l’éloigne. Sa droiture signifie aussi qu’elle mène forcément au but, et le fait qu’elle soit dressée pour tous suppose sa largeur. Le rattachement de cette voie à « ceux qui ont reçu la grâce », ainsi que son opposition au chemin de ceux qui ont encouru la colère et de ceux qui se sont égarés, atteste qu’elle est l’unique voie menant à la destination.
Le ṣirāṭ est parfois attribué à Allah, car c’est Lui qui l’a institué : « Voici Mon chemin, parfaitement droit » (Coran 6, 153) ; « Certes, tu guides vers une voie droite : la voie d’Allah » (Coran 42, 52). Il est parfois rattaché aux serviteurs, comme dans la Fātiḥa, parce qu’ils sont ceux qui l’empruntent ; il leur est donc attribué, et c’est eux qui le parcourent.
Huitième point : mentionner ceux qui ont reçu la grâce et les distinguer des deux groupes frappés de colère ou d’égarement. Les hommes se divisent, selon leur connaissance de la vérité et leur conformité à celle-ci, en trois catégories : soit le serviteur connaît la vérité, soit il l’ignore. Quant à celui qui la connaît