Et puisque l’amour que l’on porte à Allah constitue la réalité même de l’adoration et son secret, il ne se réalise qu’en se conformant à Ses ordres et en évitant Ses interdits. C’est en obéissant au commandement et en fuyant l’interdiction que se manifestent la véritable servitude et le véritable amour. C’est pour cela que le Très-Haut a érigé le suivi de Son Messager en signe révélateur de cet amour et en preuve pour celui qui le revendique ; Il dit (3 : 31) : « Dis : “Si vous aimez Allah, suivez-moi ; alors Allah vous aimera.” » Ainsi, Il a subordonné le suivi de Son Messager à leur amour pour Allah et l’a posé comme condition pour qu’Allah les aime. Or l’existence de ce qui est subordonné est impossible sans la réalisation de sa condition, et elle se vérifie sitôt que celle-ci est remplie ; il s’ensuit que, là où le suivi fait défaut, l’amour est absent. L’absence de leur amour pour Allah découle donc nécessairement de l’absence de suivi du Messager, et l’absence de ce suivi entraîne celle de l’amour d’Allah pour eux ; il est dès lors impossible qu’ils aiment Allah, ou qu’Allah les aime, sans qu’ils suivent Son Messager.
Cela montre encore que suivre le Messager – paix et bénédiction sur lui – c’est aimer Allah et Son Messager et obéir à Son ordre ; toutefois, la servitude ne se réalise pleinement que lorsque Allah et Son Messager sont plus chers au serviteur que tout le reste. Rien ne doit lui être aussi cher qu’Allah et Son Messager ; si quelque chose vient à l’être, c’est alors l’association (shirk) qu’Allah ne pardonnera jamais à son auteur et qu’Il ne guidera pas. Allah – exalté soit-Il – dit (9 : 24) : « Dis : “Si vos pères, vos fils, vos frères, vos épouses, vos proches, les biens que vous avez acquis, un commerce dont vous redoutez la récession, ou des demeures qui vous plaisent, vous sont plus chers qu’Allah, Son Messager et le combat pour Sa cause, alors attendez qu’Allah exécute Son décret. Allah ne guide pas les pervers.” »
Ainsi, quiconque place l’obéissance à l’un de ces êtres avant l’obéissance à Allah et à Son Messager, ou la parole de l’un d’eux avant la parole d’Allah et de Son Messager, ou la recherche de la satisfaction de l’un d’eux avant celle d’Allah et de Son Messager, ou craint l’un d’eux, espère en lui et s’en remet à lui plus qu’à Allah ; ou encore traite l’un d’eux comme on doit traiter Allah, celui-là appartient à ceux pour qui Allah et Son Messager ne sont pas ce qu’il aime le plus. Quand bien même l’affirmerait-il de sa bouche, il ne ferait que mentir et dire le contraire de sa réalité. De même, celui qui fait prévaloir la sentence de quiconque sur le jugement d’Allah et de Son Messager prouve par là que celui qu’il privilégie lui est plus cher qu’Allah et Son Messager. Toutefois, la question peut se troubler pour celui qui préfère l’opinion ou la décision de quelqu’un, ou