Quant aux trois premières catégories, elles demeurent voilées par les faux raisonnements et les principes corrompus qu’elles entretiennent ; au-delà de cela, elles ne possèdent rien. Elles se réjouissent de l’impossible qu’elles prennent pour certain et se satisfont des chimères auxquelles elles sont accoutumées. Si elles savaient qu’il existe, par-delà ce qu’elles connaissent, quelque chose de plus noble et de plus grand, jamais elles ne se contenteraient de leur lot. Mais leurs esprits en sont incapables ; la lumière de la prophétie ne les a pas guidées vers cette réalité, elles n’en ont même pas pressenti l’existence pour s’employer à la rechercher. Elles estiment que ce qu’elles détiennent vaut mieux que l’ignorance, et constatent l’incohérence et la corruption des doctrines d’autrui. De là est née la préférence qu’elles accordent à leurs propres conceptions au détriment de tout le reste : tel est le fléau de ces groupes. Et seul est sauf celui qu’Allah préserve.
Sache donc que le secret de la servitude, sa finalité et sa sagesse ne se révèlent qu’à celui qui connaît les attributs du Seigneur sans les nier, qui comprend la véritable nature de la divinité et ce que signifie être Dieu : Il est le Dieu véritable ; tout autre dieu est faux, la plus vaine des illusions. La réalité de la divinité ne convient qu’à Lui seul, et l’adoration est la conséquence, l’effet et l’exigence de Sa divinité. Elle y est liée comme l’objet d’un attribut l’est à cet attribut : le connu à la science, le possible à la puissance, les sons à l’ouïe, la bienfaisance à la miséricorde, le don à la générosité. Comment celui qui nie ou ignore la réalité de la divinité pourrait-il comprendre la sagesse des actes d’adoration, leurs fins, leurs objectifs et la raison de leur prescription ? Comment saisirait-il la sagesse qui constitue la finalité même de la création, pour laquelle les êtres furent créés, les messagers envoyés, les Livres révélés, le Paradis et l’Enfer façonnés ? Soutenir que la création en serait privée reviendrait à attribuer à Allah ce qui ne Lui sied pas : avoir créé les cieux et la terre « en vain ». Il n’a pas créé l’homme pour rien ni ne l’a laissé sans devoir. Il dit :
23:115 « Pensiez-vous donc que Nous vous avions créés sans dessein et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous ? »
Autrement dit : pour rien, sans sagesse, sans que vous M’adoriez ni que Je vous rétribue. Allah l’a clairement exprimé en disant :
51:56 « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. »
Ainsi, l’adoration est la finalité pour laquelle les djinns, les hommes et l’ensemble des créatures ont été créés. Allah – exalté soit-Il – a dit : 75:36