Les actes d’adoration, disent-ils, extirpent l’âme de ses habitudes et de ce qui lui est familier, puis la font tendre vers la ressemblance avec les intellects dépouillés de matière ; elle devient alors savante et réceptive, de sorte que les formes mêmes des sciences et des connaissances s’y impriment sans discussion. Cette thèse est soutenue par deux groupes :
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Le premier réunit les philosophes qui, tout en se montrant proches de la notion de prophétie et de loi révélée, professent l’éternité du monde, l’impossibilité d’une fêlure des sphères célestes et la négation d’un Agent doté de volonté.
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Le second se compose des soufis musulmans passés par le filtre de la philosophie et rapprochés de celle-ci. Selon eux, les actes cultuels ne sont que des exercices destinés à préparer l’âme, à la dépouiller, à la détacher du monde sensible et à provoquer la descente sur elle des afflux spirituels et des connaissances.
Parmi ces derniers, certains ne jugent les adorations obligatoires qu’en vue de cet objectif ; une fois atteint, l’individu, selon eux, reste libre soit de conserver ses litanies, soit de se consacrer aux inspirations qui les ont remplacées. D’autres estiment, au contraire, qu’il faut persévérer dans les litanies et les obligations sans jamais les négliger ; et ceux-là se divisent encore en deux catégories :
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les uns l’imposent afin de préserver l’ordre légal et de maintenir la norme ;
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les autres l’imposent pour sauvegarder l’afflux spirituel et par crainte que l’âme, en y renonçant, ne glisse peu à peu vers son état premier, bestial.
Telle est la limite extrême atteinte par les théoriciens sur la voie de la pratique spirituelle, et c’est là le terme de leur divergence concernant la nature de l’adoration et la raison de sa prescription. Tu ne trouveras guère, dans les ouvrages de ces auteurs, d’autre approche que ces trois voies, qu’ils les combinent ou qu’ils les donnent séparément.
Section
Quant à la quatrième catégorie, la communauté « muhammadienne-abrahamique », ce sont les disciples des deux amis intimes (Ibrahim et Muhammad), ceux qui connaissent Allah ainsi que Sa sagesse dans Ses ordres, Sa Loi et Sa création, gens de clairvoyance dans Son culte et dans le dessein qu’Il poursuit à travers lui.