Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

Les actes d’adoration, disent-ils, extirpent l’âme de ses habitudes et de ce qui lui est familier, puis la font tendre vers la ressemblance avec les intellects dépouillés de matière ; elle devient alors savante et réceptive, de sorte que les formes mêmes des sciences et des connaissances s’y impriment sans discussion. Cette thèse est soutenue par deux groupes :

  1. Le premier réunit les philosophes qui, tout en se montrant proches de la notion de prophétie et de loi révélée, professent l’éternité du monde, l’impossibilité d’une fêlure des sphères célestes et la négation d’un Agent doté de volonté.

  2. Le second se compose des soufis musulmans passés par le filtre de la philosophie et rapprochés de celle-ci. Selon eux, les actes cultuels ne sont que des exercices destinés à préparer l’âme, à la dépouiller, à la détacher du monde sensible et à provoquer la descente sur elle des afflux spirituels et des connaissances.

Parmi ces derniers, certains ne jugent les adorations obligatoires qu’en vue de cet objectif ; une fois atteint, l’individu, selon eux, reste libre soit de conserver ses litanies, soit de se consacrer aux inspirations qui les ont remplacées. D’autres estiment, au contraire, qu’il faut persévérer dans les litanies et les obligations sans jamais les négliger ; et ceux-là se divisent encore en deux catégories :

  • les uns l’imposent afin de préserver l’ordre légal et de maintenir la norme ;

  • les autres l’imposent pour sauvegarder l’afflux spirituel et par crainte que l’âme, en y renonçant, ne glisse peu à peu vers son état premier, bestial.

Telle est la limite extrême atteinte par les théoriciens sur la voie de la pratique spirituelle, et c’est là le terme de leur divergence concernant la nature de l’adoration et la raison de sa prescription. Tu ne trouveras guère, dans les ouvrages de ces auteurs, d’autre approche que ces trois voies, qu’ils les combinent ou qu’ils les donnent séparément.

Section

Quant à la quatrième catégorie, la communauté « muhammadienne-abrahamique », ce sont les disciples des deux amis intimes (Ibrahim et Muhammad), ceux qui connaissent Allah ainsi que Sa sagesse dans Ses ordres, Sa Loi et Sa création, gens de clairvoyance dans Son culte et dans le dessein qu’Il poursuit à travers lui.

والعبادات تخرجها عن مألوفاتها وعوائدها، وتنقلها إلى مشابهة العقول المجردة، فتصير عالمة قابلة لا تناقش صور العلوم والمعارف فيها، وهذا يقوله طائفتان. أحدهما: من يقرب إلى النبوات والشرائع من الفلاسفة، القائلين بقدم العالم، وعدم الشقاق الأفلاك، وعدم الفاعل المختار. الطائفة الثانية: من تفلسفت: من صوفية الإسلام. وتقرب إلى الفلاسفة. فإنهم يزعمون أن العبادات رياضات لاستعداد النفوس وتجردها، ومفارقتها العالم الحسي، ونزول الواردات والمعارف عليها. ثم من هؤلاء من لا يوجب العبادات إلا لهذا المعنى، فإذا حصل لها بقي مخيرا في حفظ أوراده، أو الاشتغال بالوارد عنها، ومنهم من يوجب القيام بالأوراد والوظائف. وعدم الإخلال بها، وهم صنفان أيضا. أحدهما: من يوجبونه حفظا للقانون، وضبطا للناموس. والآخرون: الذين يوجبونه حفظا للوارد، وخوفا من تدرج النفس بمفارقتها له إلى حالتها الأولى من البهيمية. فهذه نهاية أقدام المتكلمين على طريق السلوك. وغاية مفارقتهم بحكم العبادة وما شرعت لأجله، ولا تكاد تجد في كتب القوم غير هذه الطرق الثلاثة، على سبيل الجمع، أو على سبيل البدل. فصل وأما الصنف الرابع وهم الطائفة: المحمدية الإبراهيمية: أتباع الخليلين، العارفون بالله وحكمته في أمره وشرعه وخلقه، وأهل البصائر في عبادته، ومراده بها.

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