ainsi que le maître envers son esclave ; que dire alors du Seigneur des mondes, auprès de qui toutes les créatures ne cessent de voguer dans un océan de faveurs, de pure libéralité, sans la moindre contrepartie de leur part ? Certes, leurs actes sont bien des causes par lesquelles elles obtiennent Sa munificence et Sa largesse ; or c’est Lui le Bienfaiteur suprême : c’est Lui qui les a conduites à ces causes, les leur a fait connaître, leur a apporté Son secours pour les accomplir, les a parachevées pour elles et les a acceptées d’elles malgré leurs déficiences. Tel est le sens en vertu duquel Il a confirmé l’entrée au Paradis dans Sa parole : « … pour ce que vous faisiez » (16 : 32).
Cette préposition « b » marque ici la causalité ; elle vient réfuter aussi bien les Qadariyya que les Jabriyya, qui affirment qu’il n’existe aucun lien entre les œuvres et la rétribution, qu’elles n’en sont point les causes et qu’au mieux elles n’en seraient que des indices. Ils ajoutent : « La règle n’est d’ailleurs pas constante, puisque la rétribution ne suit pas toujours les œuvres, qu’il s’agisse du bien ou du mal ; il ne reste donc que le décret cosmique pur et la seule volonté divine. »
Les textes révèlent la fausseté de ces propos comme ils dévoilent celle des autres, et les preuves de la raison tout comme celles de la saine disposition naturelle réfutent ces deux positions. Elles montrent, à quiconque possède un cœur et de l’intelligence, la valeur de la parole des gens de la sunna, le groupe médian qui affirme à la fois l’universalité de la volonté d’Allah, Sa toute-puissance, le fait qu’Il crée les serviteurs et leurs actes, et Sa sagesse parfaite qui implique de relier les causes à leurs effets et de faire reposer sur elles, d’un point de vue législatif comme d’un point de vue prédestiné, les conséquences à court et à long terme.
Chacune de ces deux factions déviantes a délaissé une part de la vérité et, pour cette raison, s’est aventurée dans une part de fausseté – voire dans plusieurs. Allah a guidé les gens de la sunna, par Sa permission, vers la vérité sur laquelle ils divergeaient : (2 : 213) « Allah guide qui Il veut vers un chemin droit », et (62 : 4) « Tel est le mérite d’Allah : Il l’accorde à qui Il veut, et Allah est détenteur d’un immense mérite. »
Section
Troisième catégorie : ceux qui prétendent que l’utilité de l’adoration consiste à entraîner les âmes et à les préparer au jaillissement des connaissances sur elles, à libérer leurs facultés des niveaux propres aux âmes prédatrices et bestiales ; si on les privait d’adoration, elles ne seraient plus que du même ordre que les âmes des fauves et du bétail