Ils ajoutent : la pesée (au Jour dernier) en est la preuve. Car si la récompense et la punition n’étaient pas liées aux actes, ne découlaient pas d’eux et n’en représentaient pas, pour ainsi dire, le prix, la pesée n’aurait aucun sens. Or le Très-Haut a dit :
7 : 8-9 « La pesée, ce jour-là, sera conforme à la vérité ; celui dont la balance sera lourde sera, lui, le bienheureux. Quant à celui dont la balance sera légère, ce sont eux qui auront ruiné leur propre personne pour avoir été injustes envers Nos signes. »
Ces deux groupes se font face dans une opposition totale et un contraste extrême. Les jabrîtes n’ont accordé à l’action aucun rapport avec la rétribution ; ils tiennent pour possible qu’Allah châtie celui qui a passé sa vie dans Son obéissance et comble de bienfaits celui qui a consommé sa vie dans la désobéissance, les deux étant, selon eux, égaux devant Lui. Ils admettent aussi qu’Il puisse élever l’auteur d’une œuvre minime au-dessus d’un autre dont les œuvres sont plus abondantes, plus nombreuses et plus élevées en degrés. À leurs yeux, tout revient au pur vouloir divin, sans motif, sans cause ni sagesse qui exige que celui-ci soit récompensé et celui-là châtié.
Les qadariyya, à l’inverse, Lui ont imposé de toujours choisir ce qui est le plus avantageux ; ils ont tout fondé sur les œuvres qu’ils considèrent comme le prix à payer, estimant qu’une récompense parvenant au serviteur sans aucun acte de sa part serait entachée par l’idée d’un don gracieux fait sans contrepartie.
Qu’Allah les confonde ! Que leur ignorance de Dieu est grande et que leur illusion est profonde ! Ils ont transformé Sa grâce et Sa bienveillance envers le serviteur en une charge pesant sur ce dernier, au point d’affirmer qu’il est plus agréable et préférable pour le serviteur de recevoir d’Allah un salaire proportionné à son œuvre que de recevoir, sans avoir rien fait, un don gratuit venant de Sa pure faveur.
Les jabrîtes leur ont répliqué par l’extrême opposé, niant absolument tout effet des actes sur la rétribution.
Les deux sectes sont injustes et se sont écartées de la voie droite qu’Allah a inscrite dans la nature humaine, qu’ont apportée les messagers et qu’ont révélée les Écritures. Cette voie enseigne que les actes sont des causes qui mènent à la récompense ou au châtiment, qu’ils les appellent comme toute cause appelle son effet ; que les bonnes œuvres proviennent du succès qu’Allah accorde, de Sa grâce, de Sa faveur et de Son aumône envers Son serviteur : Il l’y aide et l’y dirige, crée en lui la volonté et la capacité de les accomplir, les lui fait aimer, les embellit dans son cœur et lui fait détester leurs contraires. Malgré cela, ces œuvres ne constituent pas le prix de Sa rétribution et de Sa récompense, ni ne sont proportionnées à celle-ci,