d’une soumission et d’une humilité totales, empreintes de révérence et de glorification ; or ils ont nié qu’Il fût l’Objet d’amour. C’est, en réalité, une négation de Sa divinité même. Le maître à penser de cette école est al-Jaʿd b. Dirham, que Khâlid b. al-Qasrî immola le jour du Sacrifice : il prétendait qu’Allah n’avait pas parlé à Moïse de vive voix et n’avait pas pris Abraham pour ami intime. Son déni portait, en fait, sur le caractère aimant et aimable du Très-Haut ; il n’avait pas contesté la dépendance d’Abraham à Son égard — dépendance que les jahmites appellent khulla (amitié intime) et qu’ils généralisent à toutes les créatures, si bien que, selon eux, toutes seraient « amies » d’Allah.
Nous avons réfuté cette doctrine ainsi que leur négation de l’amour divin par plus de quatre-vingts arguments dans notre ouvrage Qurrat ʿUyûn al-Muḥibbîn wa Rawdat Qulûb al-ʿĀrifîn, y exposant l’obligation d’orienter l’amour vers le Premier Bien-Aimé à la lumière des preuves scripturaires, rationnelles, expérimentales et innées. Sans cela, l’être humain ne connaîtra jamais la perfection, pas plus que son corps sans âme et sans vie, son œil sans la lumière qui lui donne vision ou son oreille sans l’ouïe — et l’enjeu dépasse même ces exemples.
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Deuxième catégorie : les qadarites négateurs, qui concèdent pourtant une certaine sagesse. Pour eux, la justification (taʿlîl) ne concerne pas le Seigneur et ne remonte pas jusqu’à Lui ; elle se réduit à l’intérêt et à l’utilité de la créature. Les actes cultuels auraient été institués comme le prix à payer pour la récompense et la félicité que les serviteurs recevront, à l’image du salaire versé à un ouvrier. Ils disent que, pour cette raison, Allah en fait une compensation, conformément à cette proclamation : « Voilà le Paradis qui vous a été donné en héritage pour ce que vous faisiez » (7 : 43) ; ou encore : « Entrez au Paradis pour ce que vous faisiez » ; et : « Ne serez-vous rétribués que selon ce que vous faisiez ? »
De même, selon le Prophète ﷺ, rapportant la parole de son Seigneur : « Ô Mes serviteurs ! Ce ne sont que vos œuvres ; Je les recense pour vous, puis Je vous en accorde la pleine rétribution. » Le Coran dit aussi : « Les endurants recevront leur récompense sans compter » (39 : 10).
Ils insistent : Allah a qualifié cette rétribution de « paie », de « salaire », de « récompense », parce qu’elle revient (yathûbu) à celui qui a agi, c’est-à-dire qu’elle retourne vers lui en raison de son acte. Sans ce lien avec l’action, expliquent-ils, il n’y aurait aucun sens à l’appeler rétribution, salaire ou récompense.