que l’on prive l’univers de ce message, tout comme il est impossible de l’imaginer privé de son Créateur. Celui donc qui renie le Messager renie ipso facto Celui qui l’a envoyé et ne croit pas en Lui ; c’est pourquoi Allah — exalté soit-Il — a considéré que mécroire en Ses messagers équivaut à mécroire en Lui.
Sixième point : Sa parole : ihdinā ṣ-ṣirāṭ al-mustaqīm (« Guide-nous vers la voie droite »).
La guidance comporte deux degrés distincts. Le premier est l’exposé et la direction ; le second — qui vient après l’exposé — est la réussite (tawfîq) et l’inspiration. Nul accès à l’exposé ni à la direction n’est possible sinon par l’intermédiaire des messagers. Une fois l’éclairage, l’orientation et la connaissance établis, survient la guidance de la réussite : Allah insuffle alors la foi dans le cœur, la lui fait aimer, l’embellit, amène le croyant à la préférer, à s’en satisfaire et à la désirer. Ces deux formes de guidance sont indépendantes, et nul salut n’est atteignable sans elles. Elles englobent : nous faire connaître, en détail comme dans ses grandes lignes, la part de vérité que nous ignorions ; nous en inspirer l’adhésion ; faire de nous des êtres résolus à la suivre extérieurement et intérieurement ; puis créer en nous la capacité de nous conformer aux exigences de cette guidance par la parole, l’action et la détermination ; enfin, nous la faire perpétuer et nous y affermir jusqu’à la mort.
On comprend alors que le serviteur a plus que tout besoin de solliciter cette faveur, et que la parole de ceux qui disent : « Puisque nous sommes déjà guidés, pourquoi demanderions-nous la guidance ? » est sans fondement. Ce que nous ignorons de la vérité dépasse de multiples fois ce que nous en savons ; ce que nous négligeons d’accomplir par paresse égale, dépasse ou se situe en-deçà de ce que nous accomplissons ; ce que nous désirons sans pouvoir le réaliser suit la même proportion. Quant à ce que nous connaissons de manière globale sans en saisir les détails, il échappe à toute comptabilité. Nous avons donc impérieusement besoin d’une guidance parfaite.
Celui qui a obtenu tous ces bienfaits transforme sa demande de guidance en demande de fermeté et de constance.
La guidance possède encore un autre degré — le dernier — : la guidance, au Jour de la Résurrection, vers le chemin du Paradis ; il s’agit du ṣirāṭ (le Pont) qui y mène. Ainsi, quiconque aura été guidé, ici-bas, vers le ṣirāṭ droit d’Allah, celui qu’Il a confié à Ses messagers et révélé dans Ses Livres, sera guidé là-haut vers le ṣirāṭ droit qui conduit à Son Jardin et à la demeure de Sa récompense. Et la fermeté du pas du serviteur sur le ṣirāṭ qu’Allah a dressé pour Ses serviteurs en ce monde déterminera la fermeté de son pas sur le Pont tendu au-dessus de la Géhenne ; de même, la vitesse de sa marche ici-bas fixera la vitesse de sa marche là-haut. Parmi eux, certains le franchiront tels l’éclair, d’autres tels le clin d’œil