Au moment de la station à ʿArafat, l’œuvre la plus méritoire est de s’employer avec ardeur à la supplication humble, à l’invocation et au rappel d’Allah, sans jeûner, car le jeûne diminuerait la vigueur requise pour ces actes.
Durant les dix premiers jours de Dhû l-Hijja, ce qu’il y a de meilleur est de multiplier les dévotions, en particulier le takbîr (répéter « Allâhu akbar »), le tahlîl (dire « Lâ ilâha illâ Allâh »), et le tahmîd (dire « Al-ḥamdu lillâh »). Cela l’emporte même sur un jihâd qui ne serait pas obligatoire à titre individuel.
Dans les dix dernières nuits de Ramadan, l’excellence consiste à demeurer à la mosquée, à rechercher la solitude et à pratiquer l’iʿtikâf, plutôt que de se mêler aux gens et de se préoccuper d’eux ; pour beaucoup de savants, c’est supérieur au fait de leur enseigner la science ou de leur faire réciter le Coran.
Lorsque ton frère musulman est malade ou qu’il meurt, la meilleure attitude est de le visiter, d’assister à ses funérailles et de l’accompagner jusqu’au cimetière, en donnant la priorité à cela sur ta retraite spirituelle et ton recueillement personnel.
Lorsqu’une épreuve survient et que les gens te nuisent, il vaut mieux remplir le devoir de patience tout en restant mêlé à eux que de fuir leur compagnie ; en effet, le croyant qui se mélange aux gens et supporte leur nuisance est supérieur à celui qui ne les fréquente pas et ne subit donc aucun tort.
Les côtoyer lorsqu’ils font le bien est préférable à s’en isoler, tandis que s’isoler lorsqu’ils font le mal est meilleur que de rester avec eux. Toutefois, si l’on sait qu’en les fréquentant on fera disparaître ce mal ou qu’on le réduira, alors la fréquentation l’emporte sur l’isolement.
Ainsi, en tout temps et en toute circonstance, l’excellence consiste à préférer la satisfaction d’Allah à ce moment précis et à s’occuper du devoir qu’il impose. Telle est la voie des « gens de l’adoration absolue » (taʿabbud muṭlaq), alors que les catégories évoquées auparavant relèvent de « l’adoration restreinte » (taʿabbud muqayyad).
Aussitôt que l’un de ceux-ci s’écarte du type précis de culte auquel il s’est attaché, il s’imagine avoir rompu et délaissé son adoration ; il ne sert Allah que d’une seule manière. L’homme de l’adoration absolue, lui, ne vise aucune pratique déterminée qu’il privilégierait ; son unique but est de poursuivre la satisfaction d’Allah, où qu’elle se trouve, et l’ensemble de son culte gravite autour de ce critère.
De la sorte, il ne cesse de voyager à travers les stations de la servitude : chaque fois qu’une station se lève devant lui, il oriente sa marche vers elle, s’y applique jusqu’à ce qu’une autre se profile. Telle est son habitude