Quatrième catégorie : ses œuvres se conforment bien au commandement, mais elles ne sont pas vouées à Allah. Il en est ainsi de l’obéissance des ostentatoires ; de l’homme qui combat par vanité, par chauvinisme ou pour montrer sa bravoure ; de celui qui accomplit le pèlerinage pour qu’on en parle ; ou encore de celui qui lit le Coran pour qu’on dise de lui… Leurs actes, en apparence conformes et prescrits, manquent toutefois de pureté ; ils ne sauraient donc être agréés. Allah – Exalté soit-Il – dit (98 : 5) : « Or il ne leur a été ordonné que d’adorer Allah en Lui vouant un culte exclusif. » Ainsi, chacun n’a reçu d’ordre que d’adorer Allah selon ce qu’Il prescrit et de Lui réserver uniquement son adoration. Ces gens relèvent de la parole : « C’est Toi que nous adorons et c’est Toi dont nous implorons le secours. »
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Les adeptes du rang exprimé par « C’est Toi que nous adorons » divergent quant à l’acte d’adoration le meilleur, le plus profitable et le plus digne d’être privilégié ; ils empruntent pour cela quatre voies et forment quatre catégories.
Première catégorie : pour eux, la plus utile et la meilleure des adorations est celle qui pèse le plus lourd et s’avère la plus ardue pour l’âme. Ils disent : c’est ce qui l’éloigne le plus de ses passions et constitue la véritable servitude. Ils soutiennent en outre que la récompense est à la mesure de la difficulté et rapportent un hadith sans fondement : « Les meilleures œuvres sont les plus ardues », c’est-à-dire les plus pénibles. Ce sont les partisans des mortifications et de la rigueur envers soi. D’après eux, l’âme ne se rectifie qu’ainsi, car sa nature incline à la paresse, à la médiocrité et à l’attachement terrestre ; elle ne se redresse, selon eux, qu’en affrontant les périls et en supportant les peines.
Deuxième catégorie : ils estiment que la meilleure adoration réside dans le dépouillement, l’ascèse vis-à-vis de ce bas monde, la réduction des biens au strict minimum, le fait de se désintéresser de toute préoccupation terrestre et de demeurer indifférent à tout ce qui en provient. Eux-mêmes se divisent en deux groupes : les gens du commun, qui ont cru que cela constituait le but ultime ; ils s’y sont donc employés, ont retroussé leurs manches et ont invité les autres