en Allah, Il lui suffit. »
Autrement dit : Il le prend entièrement en charge ; le terme ḥasb signifie « celui qui suffit ». Si, à cette confiance, s’ajoute le fait d’appartenir aux gens de la taqwâ (piété vigilante), l’issue sera heureuse ; mais si l’on ne fait pas partie des gens de la taqwâ, on relève de :
Quatrième catégorie : il s’agit de celui qui reconnaît qu’Allah est seul à dispenser l’utilité et le dommage, que ce qu’Il veut arrive et que ce qu’Il ne veut pas n’arrive pas, mais qui ne s’aligne pas sur ce qu’Il aime et agrée. Il s’en remet donc à Lui, implore Son secours pour satisfaire ses intérêts, ses passions et ses desseins, les Lui demande, les Lui expose ; Allah les lui accorde et les réalise pour lui. Pourtant, cela ne lui assure aucune bonne fin, qu’il s’agisse de richesses, d’autorité, de prestige auprès des créatures ou d’états intérieurs – dévoilement, influence, puissance, affermissement. Tout cela appartient à la royauté visible ; la possession de biens n’implique pas l’islam, a fortiori la walâya (sainteté) et la proximité d’Allah. Pouvoir, prestige, fortune et état intérieur sont accordés tant au vertueux qu’au dépravé, au croyant qu’au mécréant. Déduire de tels dons qu’Allah aime celui à qui Il les a accordés, qu’Il en est satisfait et qu’il figure parmi Ses proches alliés relève de l’ignorance la plus crasse ; pareille personne méconnaît Allah, Sa religion et la distinction entre ce qu’Il agrée et ce qu’Il réprouve. L’état (ḥâl) fait partie de ce monde : il en va de lui comme du pouvoir et de la richesse. Si ces dons aident leur détenteur à obéir à Allah, à rechercher Son agrément et à exécuter Ses ordres, ils le hisseront au rang des rois justes et vertueux ; sinon, ils seront pour lui un fardeau, l’éloigneront d’Allah et l’assimileront aux rois tyrans et aux riches pervers.
Section
Ayant saisi cela, le serviteur ne réalise véritablement « C’est Toi que nous adorons » qu’en s’appuyant sur deux grands principes :
- la conformité au Messager — que la paix et la bénédiction soient sur lui ;
- la sincérité envers le Maître adoré. Voilà la pleine réalisation de « C’est Toi que nous adorons ».
Les gens se répartissent, au regard de ces deux principes, en quatre catégories :
- Ceux qui allient sincérité envers le Maître et conformité. Ce sont, à proprement parler, les gens de « C’est Toi que nous adorons » : toutes leurs actions sont pour Allah, leurs paroles pour Allah, leurs dons pour Allah, leurs abstentions pour Allah, et leur amour