une part supplémentaire de tawfîq (succès divin) qui leur eût imposé la foi, ni qu’Il ait, pour une autre raison, délaissé ceux-là et fait de ce délaissement la cause de leur mécréance. L’adoration de ces gens n’est donc qu’une portion diminuée : elle n’est pas accompagnée de la istiʿâna (imploration de secours).
Ils sont ainsi livrés à eux-mêmes, la voie de la istiʿâna et du tawḥîd (l’unicité) étant fermée devant eux. Ibn ʿAbbâs – qu’Allah l’agrée – a dit : « La foi dans le qadar (décret divin) constitue l’armature du tawḥîd ; quiconque croit en Allah mais renie Son décret détruit, par ce reniement, son tawḥîd. »
Deuxième catégorie : il s’agit de ceux qui accomplissent des actes cultuels et des litanies, mais dont la part de tawakkul (confiance) et de istiʿâna est restreinte. Leurs cœurs n’ont pas assez d’ampleur pour saisir le lien qui rattache les causes au qadar, le fait qu’elles s’y évanouissent, s’y maintiennent et, sans lui, ne sont que pareilles à un corps inerte, voire à un pur néant ; ils n’ont pas compris que le qadar est pour elles comme l’âme qui les met en mouvement, et que l’on ne s’en remet qu’au Premier Moteur.
Par conséquent, la pénétration de leurs clairvoyances ne va pas du mobile à Celui qui le met en mouvement, de la cause au Causeur, de l’instrument à l’Auteur. Leur résolution faiblit, leurs aspirations se restreignent, si bien que leur part du verset « C’est de Toi que nous implorons le secours » se réduit ; ils ne goûtent pas la saveur de l’adoration propre au tawakkul et à la istiʿâna, même s’ils éprouvent quelque délice dans les litanies et exercices réguliers. Ces personnes reçoivent donc une mesure de tawfîq, de pénétration et d’influence proportionnelle à leur istiʿâna et à leur tawakkul. Si un serviteur se fiait réellement à Allah pour déplacer une montagne de son emplacement – et qu’il en fût chargé –, il la déplacerait.
Si tu demandes : « Que signifient le tawakkul et la istiʿâna ? »
Je réponds : c’est un état du cœur qui naît de sa connaissance d’Allah, de Son exclusivité dans la création, l’administration, le tort et l’utilité, le don et la privation ; de la certitude que ce qu’Il veut advient, même si les hommes ne le veulent pas, et que ce qu’Il ne veut pas n’a pas lieu, même si les hommes le désirent. Cet état engendre l’appui sur Lui, le dépôt de l’affaire entre Ses mains, la sérénité à Son égard, la confiance et la conviction qu’Il suffit pour l’objet du tawakkul, qu’Il en est pleinement capable et que rien ne se produit sans Sa volonté, que les hommes y consentent ou s’y opposent. L’état de ce cœur ressemble alors à celui de l’enfant à l’égard de ses parents : pour tout désir ou crainte, ils sont pleinement capables de répondre. Observe comme son cœur se détourne de tout autre qu’eux et concentre toute son inquiétude à obtenir d’eux ce qu’il souhaite. Tel est l’état du mutawakkil (celui qui place sa confiance) ; quiconque se tient ainsi avec Allah trouvera inéluctablement qu’Allah lui suffit. Allah – Très-Haut – dit (65 : 3) : « Et quiconque place sa confiance… »