Le premier aspect : le fait qu’Il soit le Seigneur des mondes. Il ne convient donc pas qu’Il abandonne Ses serviteurs, livrés à eux-mêmes, sans leur faire connaître ce qui leur est utile dans leur vie d’ici-bas et dans l’Au-delà, ni ce qui leur est nuisible dans l’une et l’autre. Attribuer pareille chose à la seigneurie, c’est l’amoindrir et prêter au Seigneur — exalté soit-Il — ce qui ne Lui sied pas. Quiconque Le taxe ainsi ne L’a pas estimé à Sa juste valeur.
Le deuxième aspect : il découle du Nom « Allah », c’est-à-dire la divinité à qui revient l’adoration exclusive. Or les serviteurs ne peuvent connaître la manière de L’adorer que par la voie de Ses messagers.
Troisièmement : il provient du Nom « ar-Raḥmân » (le Tout-Miséricordieux). Sa miséricorde L’empêche de délaisser Ses créatures et de ne pas leur indiquer par quels moyens elles atteignent le summum de leur perfection. Celui qui rend à ce Nom tout son droit sait qu’il implique l’envoi des messagers et la révélation des Livres plus encore qu’il ne suppose la descente de la pluie1, la pousse des pâturages2 ou la sortie du grain3. En vérité, la miséricorde requiert bien davantage ce qui procure la vie aux cœurs et aux esprits que ce qui assure la vie des corps et des enveloppes. Mais les voilés n’ont, de ce Nom, perçu qu’une part réservée aux bêtes et au bétail, tandis que les gens doués d’intelligence y ont découvert bien autre chose.
Le quatrième aspect : la mention du « Jour de la Rétribution ». C’est le jour où Allah rétribuera les hommes pour leurs actes : Il gratifiera les bonnes œuvres et châtiera les péchés et les mauvaises actions. Or Allah ne punit personne avant d’avoir établi contre lui la preuve, laquelle n’a été dressée que par Ses messagers et par Ses Livres. C’est par eux que la récompense et la punition deviennent méritées, par eux que s’organise le marché du Jour de la Rétribution, par eux que les vertueux seront conduits vers le délice et les pervers vers la fournaise.
Le cinquième aspect : Sa parole : Iyyāka naʿbudu (« C’est Toi que nous adorons »). En effet, ce par quoi on adore Allah ne peut être que conforme à ce qu’Il aime et agrée. L’adorer consiste à Le remercier, L’aimer et Le craindre : cela est inscrit dans la nature et intelligible aux esprits sains. Toutefois, la manière même de L’adorer et les actes qui composent cette adoration ne se connaissent que par l’intermédiaire de Ses messagers. Il ressort de là que l’envoi des messagers est une vérité ancrée dans la raison, et qu’il est inconcevable