Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

à rechercher Son agrément, elle ne fit qu’accroître sa damnation, l’éloigna d’Allah et le repoussa loin de Lui. Il en va ainsi de quiconque sollicite Son secours pour une affaire et La Lui demande sans que cette affaire ne serve Son obéissance : inévitablement, elle l’éloignera de Son agrément et le coupera de Lui.

Que l’homme doué de raison médite cela pour lui-même et pour autrui, et qu’il sache que la réponse d’Allah à ceux qui L’implorent n’est pas, pour chaque implorant, la marque d’un honneur particulier. Un serviteur peut en effet Lui demander un besoin qu’Il exauce, alors que cet exaucement contient sa perte et son malheur ; le fait de le lui accorder relève parfois du mépris divin et de la déchéance du serviteur à Ses yeux. À l’inverse, le refus d’exaucer peut provenir de l’honneur et de l’amour qu’Il lui porte : Il le prive pour le protéger, le préserver et le sauvegarder, nullement par avarice. C’est ainsi qu’Il agit avec le serviteur dont Il veut l’élévation et l’amour, le traitant avec une délicatesse subtile. Pourtant, dans son ignorance, ce dernier s’imagine qu’Allah ne l’aime ni ne l’honore ; il voit qu’Il satisfait les besoins d’autrui et nourrit de mauvaises pensées à l’égard de son Seigneur. Ces idées emplissent son cœur à son insu. Est préservé seulement celui qu’Allah préserve, et l’homme est à lui-même son propre témoin. Le signe d’un tel état est qu’il s’en prend au Destin et le récrimine intérieurement.

Comme on l’a dit :
« Le piètre d’esprit gaspille ses occasions,
et, quand l’affaire lui échappe, blâme le Decret. »

Par Allah, si l’on dévoilait son for intérieur et ses pensées secrètes, on y verrait ce reproche adressé au destin et cette accusation : « Il aurait dû en être ainsi ou ainsi ; mais que puis-je ? L’affaire ne dépend pas de moi. » L’homme avis é se fait procès à lui-même, tandis que l’ignorant plaide contre les décrets de son Seigneur. Prends donc grand soin de ne pas Lui demander une chose déterminée dont le meilleur choix et l’issue finale te sont voilés. Si tu ne peux éviter de demander, suspends ta requête au savoir qu’Allah possède de la meilleure option et fais précéder ta demande de l’istikhâra. Que ton istikhâra ne soit pas un simple mot prononcé sans compréhension, mais celle de quelqu’un qui sait qu’il ignore ses véritables intérêts, n’a aucun pouvoir pour les réaliser, ne connaît pas leur détail et ne détient pour lui-même ni mal ni bien. Car s’il est livré à lui-même, il périra entièrement et son affaire se disloquera.

Et lorsqu’Il te donne, sans que tu aies demandé, ce qu’Il t’a donné, implore-Le de faire de ce don un appui à ton obéissance et un moyen d’accéder à Son agrément ; demande-Lui aussi qu’il ne devienne pas pour toi un obstacle qui te coupe de Lui ou t’éloigne de Son agrément. Ne pense pas que chacun de Ses dons soit, pour le serviteur, une marque d’honneur, ni que chacune de Ses privations soit le signe de son mépris ; mais Son don

له على مرضاته: كانت زيادة له في شقوته، وبعده عن الله وطرده عنه، وهكذا كل من استعان به على أمر وسأله إياه، ولم يكن عونا على طاعته، كان مبعدا له عن مرضاته، قاطعا له عنه ولا بد. وليتأمل العاقل هذا في نفسه وفي غيره، وليعلم أن إجابة الله لسائليه ليست لكرامة كل سائل عليه، بل يسأله عبده الحاجة فيقضيها له، وفيها هلاكه وشقوته، ويكون قضاؤها له من هوانه عليه وسقوطه من عينه، ويكون منعه منها لكرامته عليه ومحبته له، فيمنعه حماية وصيانة وحفظا لا بخلا، وهذا إنما يفعله بعبده الذي يريد كرامته ومحبته، ويعامله بلطفه: فيظن بجهله أن الله لا يحبه ولا يكرمه، ويراه يقضي حوائج غيره، فيسيء ظنه بربه، وهذا حشو قلبه ولا يشعر به، والمعصوم من عصمه الله، والإنسان على نفسه بصيرة، وعلامة هذا: حمله على الأقدار. وعتابه الباطن لها. كما قيل: وعاجز الرأي مضياع لفرصته ... حتى إذا فات أمر عاتب القدرا فو الله لو كشف عن حاصله وسره لرأى هناك معاتبة القدر واتهامه، وأنه قد كان ينبغي أن يكون كذا وكذا، ولكن ما حيلتي؟ والأمر ليس إليّ، والعاقل خصم نفسه والجاهل خصم أقدار ربه، فاحذر كل الحذر أن تسأله شيئا معينا خيرته وعاقبته مغيبة عنك، وإذا لم تجد من سؤاله بدا، فعلقه على شرط علمه تعالى فيه الخيرة، وقدم بين يدي سؤالك الاستخارة، ولا تكن استخارة باللسان بلا معرفة بل استخارة من لا علم له بمصالحه ولا قدرة له عليها، ولا اهتداء له إلى تفاصيلها. ولا يملك لنفسه ضرا ولا نفعا، بل إن وكل إلى نفسه هلك كل الهلاك، وانفرط عليه أمره. وإذا أعطاك ما أعطاك بلا سؤال: تسأله أن يجعله عونا على طاعته وبلاغا إلى مرضاته، ولا يجعله قاطعا لك عنه، ولا مبعدا عن مرضاته. ولا تظن أن عطاءه كلّ ما أعطى لكرامة عبده عليه ولا منعه كل ما يمنعه لهوان عبده عليه، ولكن عطاءه

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