Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

ou l’un des deux. Si pourtant sa fréquentation s’enracine et se poursuit, elle devient la maladie mortelle tant redoutée.

D’autres encore sont tels une rage de dents : la pulsation te martyrise, mais dès qu’ils te quittent la douleur se calme.

D’autres enfin sont la fièvre de l’âme : ce lourdaud, détestable d’esprit, qui ne sait ni parler pour t’instruire ni écouter pour profiter de toi, qui ignore sa propre valeur et refuse de se tenir à sa place. S’il parle, ses paroles sont comme des bâtons qui s’abattent sur le cœur des auditeurs, tandis que lui s’en délecte et s’en rengorge ; il répand sans cesse ce qui sort de sa bouche, persuadé que c’est un musc embaumant l’assemblée. S’il se tait, il est plus pesant qu’une demi-meule gigantesque qu’on ne saurait ni soulever ni traîner sur le sol.

On rapporte de l’imâm al-Shâfiʿî — qu’Allah lui fasse miséricorde — qu’il disait : « Jamais un importun ne s’est assis à côté de moi sans que je sente le côté où il se trouve s’affaisser par rapport à l’autre. »

Un jour, je vis auprès de notre maître — qu’Allah sanctifie son âme — un homme de cette espèce ; le shaykh le supportait, alors même que ses forces avaient faibli. Il se tourna vers moi et dit : « Côtoyer un lourdaud est une fièvre quarte. » Puis il ajouta : « Mais nos âmes, à force d’y être exposées, se sont accoutumées à la fièvre, si bien qu’elle est devenue une seconde nature. » — ou une parole d’un sens approchant.

En somme, fréquenter quiconque dévie est une fièvre pour l’âme, parfois passagère, parfois chronique. Parmi les contrariétés d’ici-bas figure l’épreuve d’être affligé d’un tel compagnon ; comme on ne peut toujours l’éviter, qu’on le traite donc avec bienséance, jusqu’à ce qu’Allah ouvre une issue et accorde un soulagement.

Quatrième catégorie : celui dont la compagnie n’est que ruine totale ; le côtoyer revient à avaler du poison. Si celui qui le prend trouve par hasard un antidote, tant mieux ; sinon, qu’Allah lui accorde Sa consolation. Combien nombreux sont ceux-là parmi les hommes — qu’Allah en accroisse encore le nombre !

Il s’agit des adeptes de l’innovation et de l’égarement : ils détournent des gens la Sunna du Messager d’Allah, appellent à ce qui la contredit, barrent la voie d’Allah et souhaitent la voir déviée ; ils transforment l’innovation en Sunna et la Sunna en innovation, le bien en blâmable et le blâmable en bien.

أو أحدهما. فهذا إذا تمكنت مخالطته واتصلت، فهي مرض الموت المخوف. ومنهم من مخالطته كوجع الضرس يشتد ضربه عليك، فإذا فارقك سكن الألم. ومنهم من مخالطته حمى الروح. وهو الثقيل البغيض العقل، الذي لا يحسن أن يتكلم فيفيدك، ولا يحسن أن ينصت فيستفيد منك، ولا يعرف نفسه فيضعها في منزلتها، بل إن تكلم فكلامه كالعصي تنزل على قلوب السامعين، مع إعجابه بكلامه وفرحه به. فهو يحدث من فيه كلما تحدث، ويظن أنه مسك يطيب به المجلس. وإن سكت فأثقل من نصف الرحا العظيمة التي لا يطاق حملها ولا جرها على الأرض. ويذكر عن الشافعي ﵀ أنه قال: ما جلس إلى جانبي ثقيل إلا وجدت الجانب الذي هو فيه أنزل من الجانب الآخر. ورأيت يوما عند شيخنا قدس الله روحه رجلا من هذا الضرب والشيخ يحمله، وقد ضعفت القوى عن حمله، فالتفت إليّ وقال: مجالسة الثقيل حمى الربع. ثم قال: لكن قد أدمنت أرواحنا على الحمى، فصارت لها عادة. أو كما قال. وبالجملة: فمخالطة كل مخالف حمى للروح، فعرضية ولازمة. ومن نكد الدنيا على العبد أن يبتلى بواحد من هذا الضرب. وليس له بد من معاشرته ومخالطته فليعاشره بالمعروف، حتى يجعل الله له من أمره فرجا ومخرجا. القسم الرابع: من مخالطته الهلك كله ومخالطته بمنزلة أكل السم. فإن اتفق لآكله ترياق، وإلا فأحسن الله فيه العزاء. وما أكثر هذا الضرب في الناس لأكثرهم الله. وهم أهل البدع والضلالة، الصادون عن سنة رسول الله ﷺ، الداعون إلى خلافها، الذين يصدون عن سبيل الله ويبغونها عوجا، فيجعلون البدعة سنة، والسنة بدعة، والمعروف منكرا، والمنكر معروفا.

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