Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

Quant à l’avis de certains selon lequel le mot proviendrait de nisyân (l’oubli), si bien que l’homme aurait été nommé insân à cause de sa propension à oublier – et, par extension, que les hommes seraient appelés nâs pour la même raison –, cet avis ne vaut rien. Comment rattacher nisyân, dont la racine est n-s-y, à nâs, dont la racine est n-w-s ? De la même manière, quel lien cela aurait-il avec uns (la sociabilité) dont la racine est ʾ-n-s ?

Pour insân, il s’agit à l’évidence du schème faʿlân dérivé de uns ; l’alif et le nûn qui terminent le mot sont des augmentations, et aucune autre explication n’est recevable. La langue ne connaît en effet ni le verbe ansana qui permettrait d’y voir un nom d’action sur le modèle ifʿâl, ni, pour cette racine, un dérivé de type infaʿala qui justifierait la présence d’un alif et d’un nûn initiaux. Il faut donc conclure qu’insân est bien un faʿlân issu de uns.

Si le terme venait réellement de nisyân, on aurait nisyân et non insân.

Objeteras-tu : « Ne pourrait-on pas l’analyser comme ifʿilâl, son étymon étant insiyân, à l’image de iḍḥiyân (l’éclat du plein midi), puis, par allégement, la yâʾ aurait été omise pour donner insân ? » – Je réponds : cette hypothèse est écartée pour trois raisons : l’absence du schème ifʿilâl dans leur langue, la suppression injustifiée de la yâʾ, et le recours à une forme sans aucun parallèle. Tout cela est infondé.

On a également soutenu que la forme première de « an-nâs » était al-anâs ; la hamza aurait ensuite été élidée, donnant an-nâs. On s’appuie pour cela sur ce vers du poète :
« Les trépas fondent sur les anâs insouciants. »
Il ne fait aucun doute que anâs relève du schème faʿâl, et aucune autre analyse n’est possible. Si donc nâs provient bien de anâs, c’est la preuve la plus solide qu’il se rattache à uns ; an-nâs et al-insân partageraient alors exactement la même étymologie.

Dans cette hypothèse, le poids morphologique de nâs serait ʿâl : la première radicale (fâʾ) a été supprimée. Selon la première opinion, qui le dérive de n-w-s, son schème est faʿl ; selon l’avis faible qui le rapporte à n-s-y, son schème serait falʿ, la consonne finale ayant été déplacée à la position médiane pour produire nâs, de poids falʿ.

وأما قول بعضهم: إنه من النسيان، وسمي الإنسان إنسانا لنسيانه. وكذلك الناس سموا ناسا لنسيانهم: فليس هذا القول بشيء. وأين النسيان، الذي مادته ن س ى إلى الناس الذي مادته ن وس؟ وكذلك أين هو من الأنس الذي مادته أن س؟. وأما إنسان فهو فعلان من أن س. والألف والنون في آخره زائدتان، لا يجوز فيه غير هذا ألبتة. إذ ليس في كلامهم: أنسن، حتى يكون إنسانا إفعالا منه. ولا يجوز أن يكون الألف والنون في أوله زائدتين، إذ ليس في كلامهم: انفعل. فيتعين أنه فعلان من الأنس. إذ ليس في كلامهم: انفعل. فيتعين أنه فعلان من الأنس. ولو كان مشتقا من نسي لكان نسيانا لا إنسانا. فإن قلت: فهلا جعلته افعلالا. وأصله إنسيان، كليلة إضحيان، ثم حذفت الياء تخفيفا فصار إنسانا؟ قلت: يأبى ذلك عدم افعلال في كلامهم، وحذف الياء بغير سبب، ودعوى ما لا نظير له. وذلك كله فاسد، على أن «الناس» قد قيل: إن أصله الأناس. فحذفت الهمزة. فقيل: الناس. واستدل بقول الشاعر: إن المنايا يطلعن على الأناس الغافلينا ولا ريب أن أناسا فعال. ولا يجوز فيه غير ذلك البتة. فإن كان أصل ناس أناسا، فهو أقوى الأدلة على أنه من أنس، ويكون الناس كالإنسان سواء في الاشتقاق. ويكون وزن ناس- على هذا القول-: عال. لأن المحذوف فاؤه. وعلى القول الأول: يكون وزنه: فعل. لأنه من النوس. وعلى القول الضعيف: يكون وزنه: فلع. لأنه من نسى. فنقلت لامه إلى موضع العين، فصار ناسا وزنه فلعا.

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