«C’est Toi que nous adorons et c’est Toi dont nous implorons l’aide.» Ces deux fondements – le tawakkul (l’abandon confiant) et la ʿibâda (l’adoration) – sont rappelés côte à côte en plusieurs passages du Coran ; celui-ci en est un premier exemple.
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Dans la parole d’Allah rapportant les propos de Chuʿayb «1» (11 : 88) : «Ma réussite ne dépend que d’Allah ; je place ma confiance en Lui et je reviens vers Lui.»
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Sa parole (11 : 123) : «A Allah appartient le mystère des cieux et de la terre, et c’est vers Lui que tout est ramené. Adore-Le donc et place ta confiance en Lui.»
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Sa parole rapportant la déclaration des croyants (60 : 4) : «Seigneur ! c’est en Toi que nous plaçons notre confiance, vers Toi nous revenons repentants et vers Toi est le retour.»
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Sa parole (73 : 8-9) : «Évoque le Nom de ton Seigneur et consacre-toi entièrement à Lui. Le Seigneur de l’Orient et de l’Occident – il n’est de divinité que Lui – prends-Le donc pour garant.»
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Sa parole (3 : 13) : «Dis : Il est mon Seigneur, point de divinité en dehors de Lui ; en Lui je place ma confiance et vers Lui je me tourne.»
Ainsi, en six endroits, le Coran réunit ces deux principes incarnés dans la formule : «C’est Toi que nous adorons et c’est Toi dont nous implorons l’aide».
Si, dans la Fâtiha, l’adoration précède la demande de secours, c’est parce que la finalité est placée avant le moyen : l’adoration est le but ultime pour lequel les serviteurs ont été créés, alors que l’imploration d’aide en est l’instrument. De plus, «C’est Toi que nous adorons» se rattache à Sa divinité et à Son Nom «Allah», tandis que «c’est Toi dont nous implorons l’aide» renvoie à Sa seigneurie et à Son Nom «le Seigneur». On a donc fait précéder «C’est Toi que nous adorons» de «c’est Toi dont nous implorons l’aide», tout comme le Nom Allah précède le Nom Seigneur au début de la sourate. Enfin, «C’est Toi que nous adorons» constitue la part réservée au Seigneur ; il figure dans la première section, celle qui est une louange adressée à Allah – ce qui lui convient davantage –, tandis que «c’est Toi dont nous implorons l’aide» est la part du serviteur ; il accompagne donc la demande : «Guide-nous vers le chemin droit», jusqu’à la fin de la sourate.