Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

Al-Farrâʾ et plusieurs auteurs estiment qu’il s’agit là d’une précision concernant les « hommes » dans les poitrines desquels il insuffle ses suggestions. Autrement dit, le tentateur chuchote dans la poitrine d’êtres appartenant à la fois aux djinns et aux humains ; il existe donc deux catégories de cibles : les hommes et les djinns, et l’instigateur murmure au djinn comme il murmure à l’homme.

Selon cette interprétation, l’expression « parmi les djinns et parmi les hommes » doit être analysée comme un complément circonstanciel d’état (ḥâl). Pour les grammairiens basriens, ce groupe prépositionnel est « mağrūr après un nom défini » ; pour les koufiens, on le considère à l’accusatif parce qu’il est détaché du nom défini – telle est leur formulation. En clair, puisqu’il ne peut pas servir d’épithète à ce nom défini, on le sépare de lui, et sa place devient celle d’un ḥâl. Les Basriens, eux, le conçoivent explicitement comme un complément circonstanciel : « étant issus des djinns et des hommes ».

Cette explication est toutefois très faible pour plusieurs raisons :

  1. Rien ne prouve qu’un djinn soufflerait des suggestions dans la poitrine d’un autre djinn, y pénètrerait comme il le fait chez l’humain et y agirait de la même manière. Sur quelle preuve pourrait-on s’appuyer pour appliquer le verset à un tel cas ?

  2. Elle est également défectueuse sur le plan de l’expression : le texte dit « celui qui souffle dans les poitrines des hommes ». Comment expliquer « les hommes »… par « les hommes » ? Selon cette lecture, il faudrait comprendre : « il souffle dans les poitrines des hommes qui sont – ou qui se trouvent être – des djinns et des hommes ». Peut-on dire : « dans les poitrines des hommes qui sont des hommes et d’autres qu’eux » ? Une telle tournure est inadmissible et n’appartient pas à un usage élégant.

  3. Elle revient à diviser les hommes en deux classes : djinns et hommes. Or une chose ne peut pas être à la fois la totalité et l’une de ses propres subdivisions.

  4. Enfin, on n’emploie jamais le terme « hommes » pour désigner les djinns, ni sur le plan fondamental, ni par dérivation, ni dans l’usage. Les deux vocables s’excluent : les djinns doivent leur nom à la racine j-n-n, qui exprime l’idée de dissimulation, parce qu’ils sont cachés à la vue des êtres humains ; c’est précisément pour cette raison qu’on les a appelés « djinns ».

فقال الفرّاء وجماعة: هو بيان للناس الموسوس في صدورهم. والمعنى: يوسوس في صدور الناس الذين هم من الجن والإنس، أي الموسوس في صدورهم قسمان: إنس وجن. فالوسواس يوسوس للجني، كما يوسوس للانسي. وعلى هذا القول: فيكون «مِنَ الْجِنَّةِ وَالنَّاسِ» نصب على الحال. لأنه مجرور بعد معرفة، على قول البصريين. وعلى قول الكوفيين: نصب بالخروج من المعرفة. هذه عبارتهم. ومعناها: أنه لما لم يصلح أن يكون نعتا للمعرفة انقطع عنها. فكان موضعه نصبا. والبصريون يقدرونه حالا. أي كائنين من الجنة والناس. وهذا القول ضعيف جدا، لوجود: أحدها: أنه لم يقم دليل على أن الجني يوسوس في صدر الجني. ويدخل فيه، كما يدخل في إنسي، ويجري منه مجراه من الإنسي. فأي دليل يدل على هذا، حتى يصح حمل الآية عليه؟. الثاني: أنه فاسد من جهة اللفظ أيضا. فإنه قال: «الذي يوسوس في صدور الناس» فكيف يبين الناس بالناس. فإن معنى الكلام على قوله: يوسوس في صدور الناس الذين هم، أو كائنين، من الجنة والناس. أفيجوز أن يقال: في صدور الناس الذين هم من الناس وغيرهم؟ هذا ما لا يجوز، ولا هو في الاستعمال فصيح. الثالث: أن يكون قد قسم الناس إلى قسمين: جنة، وناس. وهذا غير صحيح. فإن الشيء لا يكون قسيم نفسه. الرابع: أن «الجنة» لا يطلق عليهم اسم الناس بوجه، لا أصلا ولا اشتقاقا ولا استعمالا. ولفظهما يأبى ذلك. فإن الجن إنما سمو جنّا من الاجتنان، وهو الاستتار. فهم مستترون عن أعين البشر. فسمو جنّا لذلك،

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