l’innovation ; s’il réussit à en frapper l’homme et à le ranger parmi ses adeptes, celui-ci devient à son tour son suppléant, l’un de ses propagateurs.
Mais si le diable échoue à ce niveau, et que le serviteur bénéficie, par grâce d’Allah, du don de la sunna et d’une inimitié déclarée envers les partisans de l’innovation et de l’égarement, il le fait passer au troisième degré du mal : les grands péchés, sous toutes leurs formes. Là, il redouble d’efforts pour l’y précipiter, surtout si l’intéressé est un savant suivi par les gens ; il cherche ainsi à détourner les cœurs de lui, puis répand ses fautes et ses désobéissances parmi les gens. Il délègue même à certains la mission de les divulguer, prétendant agir par piété et par rapprochement d’Allah, alors qu’en réalité ils sont les lieutenants d’Iblis sans le savoir.
« Ceux qui aiment que l’indécence se répande parmi les croyants auront un châtiment douloureux dans ce monde et dans l’au-delà. » (Coran 24 : 19)
Tel est le sort réservé à ceux qui se contentent d’aimer la propagation de ces turpitudes ; que dire de ceux qui, eux-mêmes, s’emploient à les colporter, non pour conseiller autrui, mais par obéissance à Iblis et en agissant pour son compte ? Tout cela vise à éloigner les gens du pécheur et à les priver du profit qu’ils pourraient tirer de lui.
Les péchés de cet homme – quand bien même atteindraient-ils les nuages – restent plus légers auprès d’Allah que les péchés de ceux qui les propagent ; car il ne lèse que lui-même. S’il implore le pardon d’Allah et se repent, Allah accepte son repentir et transforme ses mauvaises actions en bonnes œuvres.
Quant aux fautes des diffuseurs, elles sont une injustice envers les croyants : ils traquent leurs défauts et cherchent à les mettre à nu. Or Allah, exalté, est aux aguets ; rien des secrets des poitrines ni des manigances des âmes ne Lui échappe.
Si le démon se trouve encore impuissant à cette étape, il transporte sa victime au quatrième degré : les péchés mineurs qui, s’ils s’additionnent, peuvent ruiner leur auteur. Le Prophète ﷺ a dit : « Prenez garde aux péchés jugés insignifiants ; leur exemple est celui de gens qui firent halte dans une plaine déserte… » Il rapporta ensuite qu’à tour de rôle chacun apporta un bout de bois, jusqu’à ce qu’ils allumèrent un grand feu où ils firent cuire et rôtir leurs provisions.
Satan ne cesse alors de minimiser ces fautes à ses yeux, jusqu’à ce qu’il en vienne à les mépriser ; aussi l’homme qui commet un grand péché mais en demeure craintif est-il, au final, dans un état meilleur que lui.