il revient ; lorsque l’iqâma est prononcée, il tourne de nouveau le dos ; quand celle-ci s’achève, il revient encore, jusqu’à se placer entre l’homme et son cœur et lui souffle : « Souviens-toi de ceci, souviens-toi de cela » – choses auxquelles il ne pensait nullement – à tel point qu’il ne sait plus s’il a accompli trois ou quatre unités. S’il ne sait plus s’il a prié trois ou quatre unités, qu’il effectue alors les deux prosternations de distraction.
Parmi ses manœuvres également, il y a ce que rapporte le Ṣaḥîḥ d’après Abû Hurayra : le Prophète ﷺ a dit : « Le démon vient à l’un de vous et lui dit : “Qui a créé ceci ? Qui a créé cela ?” jusqu’à ce qu’il dise : “Et qui donc a créé Allah ?” Celui qui se trouve confronté à cela, qu’il cherche refuge auprès d’Allah et qu’il cesse d’y prêter attention. »
Il est rapporté encore dans le Ṣaḥîḥ que les compagnons du Messager d’Allah ﷺ dirent : « Ô Messager d’Allah, il nous arrive d’éprouver en nous-mêmes une pensée qu’il nous serait plus cher de tomber du haut du ciel que de la formuler. » Il répondit : « Louange à Allah, qui a réduit son stratagème à de simples suggestions. »
Parmi ses suggestions encore, il occupe le cœur par ses murmures jusqu’à faire oublier à l’homme ce qu’il voulait accomplir. Aussi l’oubli lui est-il attribué en tant que cause. Le Très-Haut rapporte ainsi la parole du compagnon de Moïse : « J’ai oublié le poisson, et seul le démon m’a fait oublier de m’en souvenir » (18 : 63).
Considère la sagesse et la majesté du Coran : il ordonne de chercher refuge contre « le tentateur furtif, qui souffle des suggestions dans les poitrines des hommes », sans dire : « contre le mal de ses suggestions », afin que la demande de protection englobe tout son mal. L’expression « contre le mal du tentateur » couvre en effet la totalité de son mal, tandis que le texte le décrit par ses attributs les plus redoutables, les plus pernicieux, les plus efficaces et les plus corrupteurs : la suggestion, qui constitue l’amorce même de la volonté. Le cœur, d’abord vide de mal et de désobéissance, reçoit la suggestion ; le péché lui traverse l’esprit, il le lui représente, lui fait miroiter ses promesses et le lui rend désirable, de sorte qu’il devient convoitise. Il le pare ensuite, l’embellit et le projette dans son imagination jusqu’à ce que l’âme penche vers lui ; cette inclination se mue en volonté. Il ne cesse alors de le représenter, d’en nourrir l’imagination, de faire miroiter cet acte, de l’enchanter, jusqu’à faire oublier à l’homme la nocivité qu’il en connaît, et il lui voile la laideur de son issue. Il l’empêche d’en contempler les conséquences ; l’homme ne voit plus que l’image du péché et le plaisir qu’il en espère, oubliant tout le reste. La volonté se transforme alors en résolution ferme ; l’ardeur du cœur pour ce péché s’intensifie, et il dépêche