et de la demande de pardon et de l’obéissance, si bien que son démon est, à ses côtés, plongé dans un tourment intense. Il n’est nullement à l’image du démon du débauché, lequel, auprès de ce dernier, jouit du repos et de la quiétude ; aussi se montre-t-il vigoureux, arrogant et farouche.
Ainsi, quiconque ne châtie pas son démon, dans cette vie, par le rappel d’Allah, par le tawḥîd (affirmation de l’unicité), la demande de pardon et l’obéissance, verra son démon le châtier, dans l’au-delà, par le supplice du Feu. Chacun, donc, doit soit tourmenter son démon, soit être tourmenté par lui.
Observe encore la pertinence des deux formes : « al-waswâs » exprime, par sa redondance même, la répétition d’une même suggestion jusqu’à ce que le serviteur s’y décide ; « al-khannâs », bâti sur le schème faʿʿāl, indique la récurrence de l’action : chaque fois qu’Allah est mentionné, il se retire, et, dès que le serviteur se relâche, il revient souffler ses tentations. La morphologie des deux vocables épouse donc parfaitement leur sens.
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Quant à cette parole divine : « qui insuffle des suggestions dans la poitrine des hommes », elle constitue un troisième attribut du démon : d’abord l’acte de suggestion, ensuite son lieu, enfin le fait qu’il s’en prend à la poitrine des hommes.
Allah a accordé au démon accès à l’intérieur du serviteur, jusqu’à son cœur et sa poitrine ; il circule en l’homme comme le sang, et il ne le quitte pas jusqu’à la mort, car un démon lui est assigné en permanence.
Les deux Ṣaḥîḥ rapportent, d’après az-Zuhrî, de ʿAlî b. al-Ḥusayn, de Ṣafiyya bint Ḥuyay : « Le Messager d’Allah ﷺ était en retraite spirituelle. Je vins le visiter de nuit et m’entretenis avec lui. Lorsque je me levai pour repartir, il se leva pour me raccompagner. Ma demeure se trouvait alors dans la maison d’Usâma b. Zayd. Deux hommes parmi les Ansâr passèrent ; lorsqu’ils virent le Prophète ﷺ, ils hâtèrent le pas. Le Prophète ﷺ leur dit : “Restez donc ; c’est Ṣafiyya bint Ḥuyay.” Ils répondirent : “Gloire à Allah, ô Messager d’Allah !” Il reprit : “Le démon circule dans l’être humain comme le sang ; j’ai craint qu’il ne jette dans vos cœurs quelque soupçon — ou quelque chose de mauvais.” »
On lit également dans le Ṣaḥîḥ, d’après Abû Salama b. ʿAbd-ar-Raḥmân, de Abû Hurayra, que le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Lorsque l’on appelle à la prière, le démon tourne le dos en lâchant des vents ; puis, lorsque l’appel est terminé… »