et quatre Écritures : Il en a réuni la substance dans la Torah, l’Évangile et le Coran ; puis Il a condensé la quintessence de ces trois Écritures dans le Coran. Il a ensuite rassemblé le contenu du Coran dans la partie appelée al-Mufaṣṣal (les sourates courtes), celui d’al-Mufaṣṣal dans la sourate al-Fâtiha, et le sens d’al-Fâtiha dans la parole : « C’est Toi que nous adorons et c’est Toi dont nous implorons l’aide. »
Ces deux formules sont partagées également entre le Seigneur et Son serviteur : la première moitié revient à Allah – « C’est Toi que nous adorons » –, la seconde au serviteur – « et c’est Toi dont nous implorons l’aide ». Le secret et la portée de cette répartition seront expliqués, si Allah le veut, en leur temps.
La ʿibâda (l’adoration) repose sur deux fondements : l’amour porté à son comble et l’abaissement porté à son extrême. Les Arabes disent d’une route maʿbada qu’elle est aplanie ; at-taʿabbud signifie s’humilier et se soumettre. Ainsi, aimer sans s’incliner n’est pas adorer, pas plus que s’incliner sans aimer ; l’adoration ne naît qu’en présence d’un amour pétri d’humilité.
Dès lors, ceux qui nient que les serviteurs puissent aimer leur Seigneur rejettent en réalité l’essence même de la servitude ; et ceux qui nient qu’Il soit pour eux l’objet suprême de l’amour, le terme ultime de leur quête et de leur aspiration, nient qu’Il soit Dieu, quand bien même ils reconnaissent qu’Il est le Seigneur des mondes et leur Créateur : tel est le summum de leur monothéisme. Il s’agit du tawḥîd ar-rubūbiyya (l’affirmation de la Seigneurie) que les polythéistes arabes eux-mêmes admettaient, sans pour autant sortir de l’associationnisme.
Allah – exalté soit-Il – a dit : « Si tu les interroges : “Qui vous a créés ?”, ils diront assurément : “Allah.” » (43 : 87) ; et : « Si tu les interroges : “Qui a créé les cieux et la terre ?”, ils diront assurément : “Allah.” » (39 : 38) ; et encore : « Dis : “À qui appartient la terre et ceux qui y vivent ?” … Ils diront : “À Allah.” » (23 : 84-89).
C’est donc par cet aveu même qu’Il leur oppose comme preuve la nécessité de L’unifier dans l’adoration : nul ne mérite d’être adoré en dehors de Lui, de même qu’il n’est d’autre Créateur ni d’autre Seigneur que Lui.
L’istiʿâna (la recherche du secours) repose, elle aussi, sur deux piliers : la confiance en Allah et le fait de s’en remettre à Lui. En effet, le serviteur peut avoir confiance en quelqu’un sans toutefois s’en remettre à lui, faute d’en avoir besoin ; il peut aussi s’en remettre à quelqu’un sans pour autant lui faire confiance, contraint par le besoin et l’absence d’une autre personne pour combler cette lacune ; il doit donc dépendre de lui alors même qu’il ne lui fait pas confiance.
Le tawakkul (l’abandon confiant) est une notion qui se tisse de ces deux fils – la confiance et la dépendance – et telle est sa réalité.