pas plus que faʿāl.
C’est pourquoi les grammairiens ont rangé parmi les emplois tout à fait exceptionnels l’occurrence de waswās, waʿwāʿ et ʿaẓʿāẓ en tant que noms d’action. En réalité, la fonction propre de ces vocables est d’être des adjectifs traduisant une idée d’intensité par rapport au maṣdar de leurs verbes respectifs.
Ils ajoutent : dès lors que ce point est acquis, tout exemple où l’on pourrait hésiter entre la valeur de maṣdar et la valeur adjectivale doit être compris comme adjectif, conformément à l’usage dominant et pour éviter l’exception rare.
Quiconque soutient donc que waswās est un maṣdar auquel serait sous-entendu le mot dhû (« détenteur de ») s’écarte à la fois de l’analogie et de l’usage le plus courant.
Deux considérations montrent l’invalidité de cette thèse.
Premièrement, chaque maṣdar auquel on suppose un dhû implicite se rencontre, à l’état nu, plus souvent comme pur nom d’action que comme qualificatif : ainsi riḍā, ṣawm, fiṭr. Or, pour le gabarit faʿlāl à première voyelle ouverte, on ne relève un usage nu qu’avec trois termes seulement : waswās, waʿwāʿ et ʿaẓʿāẓ – et encore peut-on contester qu’ils soient véritablement des noms d’action. Le meilleur argument qu’on avance en faveur de leur valeur nominale est la phrase : « Le démon lui a soufflé waswāsan. » Mais cet emploi n’implique nullement la maṣdariyya ; il peut très bien s’agir d’une qualification, waswāsan occupant alors la fonction de ḥāl emphatique. En effet, le ḥāl peut venir souligner son régent lorsqu’il lui correspond mot pour mot, comme dans : « Nous t’avons envoyé aux gens en tant que messager » (4 : 79) et « Il a mis à votre service la nuit et le jour, le soleil et la lune, et les étoiles, elles aussi soumises à Son ordre » (16 : 12).
Certes, la valeur de maṣdar de waswās serait établie si l’on disposait d’un exemple tel : « Je me réfugie auprès d’Allah contre le waswās du démon », où waswās serait annexé à son agent, comme on l’entend avec la forme waswasa. Mais avez-vous une telle attestation ? Apportez-en la preuve ; ce n’est qu’alors qu’on pourrait conclure que waswās est un maṣdar, et non parce qu’il se trouve à l’accusatif après le verbe.
Deuxième argument contre l’idée que « waswāsan » serait un maṣdar assorti d’un dhû implicite : un tel maṣdar ne se féminise pas, ne se met ni au duel ni au pluriel ; il demeure invariable afin que l’on reconnaisse sa nature originelle de nom d’action et qu’il apparaisse comme un caractère purement accidentel