Il s’agit là d’une leçon capitale, sans laquelle le serviteur ne saurait se passer ni pour sa religion ni pour sa vie d’ici-bas ; elle montre que les âmes des envieux – ainsi que leurs regards – exercent un effet réel, et que les esprits démoniaques agissent, par la sorcellerie et le souffle sur les nœuds, avec une influence effective.
Sur ce point, l’humanité se divise en quatre camps.
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Premier camp : il nie toute influence, tant de l’un que de l’autre, et se subdivise lui-même en deux factions.
a) La première reconnaît l’existence de l’âme rationnelle et celle des djinns, mais nie absolument qu’ils puissent produire le moindre effet. C’est la thèse de certains théologiens spéculatifs qui rejettent les causes, les forces et les interactions.
b) La seconde nie carrément leur existence. Elle prétend que l’homme ne possède d’autre âme que ce corps tangible avec ses seules propriétés et accidents, et qu’il n’existe ni djinns ni démons hormis des accidents inhérents au corps. Telle est l’opinion de nombreux « naturalistes » athées et d’autres négateurs se réclamant de l’islam ; c’est aussi la position de quelques rares théologiens spéculatifs que les pieux prédécesseurs ont blâmés, déclarant leur innovation et leur égarement. -
Deuxième camp : il refuse l’existence d’une âme humaine distincte du corps, tout en admettant celle des djinns et des démons. C’est la doctrine de nombreux mutakallimûn, notamment des muʿtazilites et de leurs émules.
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Troisième camp : à l’inverse, il affirme l’existence de l’âme rationnelle séparée du corps, mais nie l’existence des djinns et des démons, les ramenant aux seules facultés et attributs de l’âme. Tel est l’avis de bien des philosophes musulmans et autres.
Ceux-ci soutiennent que toutes les influences étranges et les phénomènes extraordinaires observés dans le monde émanent uniquement de l’âme ; ils ramènent la sorcellerie et la divination à la seule action de l’âme, sans médiation d’un démon extérieur. Ibn Sīnā (Avicenne) et ses disciples défendent cette thèse, allant jusqu’à classer les miracles des messagers dans cette catégorie.
Ils prétendent qu’il ne s’agit que d’effets de l’âme sur la hiyûlâ (la matière première) de l’univers.
Ces gens-là, d’après le consensus de toutes les communautés religieuses, sont des mécréants ; ils ne comptent nullement parmi les disciples des prophètes.