et si elle se liguait pour te nuire en quoi que ce soit, elle ne pourrait te nuire que dans la mesure où Allah l’a déjà inscrit contre toi. »
Lors donc que le serviteur purifie son tawḥîd (l’unicité) de toute altération, la crainte de tout autre qu’Allah disparaît de son cœur ; son ennemi lui paraît trop insignifiant pour qu’il le redoute aux côtés d’Allah. Il réserve la crainte exclusivement à Allah, et Celui-ci le met en sûreté vis-à-vis de cet adversaire. Son cœur se libère alors de toute préoccupation à son sujet : il ne s’en occupe plus, n’y réfléchit plus. Il se voue entièrement à Allah – par amour, crainte révérencielle, repentir, abandon confiant – et se trouve si absorbé par Lui qu’il ne se tourne plus vers quiconque. Il comprend dès lors que consacrer ses pensées à l’ennemi, le craindre ou se laisser accaparer par lui constitue une faille dans son tawḥîd ; s’il l’avait réellement épuré, cela suffirait à l’occuper tout entier, tandis qu’Allah assumerait pour lui la sauvegarde et la défense, car « Allah défend ceux qui croient » (22 : 38). S’il est croyant, Allah le défendra inévitablement, et la protection divine sera proportionnelle à la force de sa foi.
Si sa foi atteint la perfection, la protection qu’Allah lui accorde est, elle aussi, parfaite ; si elle est mêlée, la protection le sera à la même mesure ; s’il se détourne totalement d’Allah, Allah se détournera totalement de lui ; et s’il oscille, Allah agira envers lui selon ses oscillations.
Le tawḥîd est la forteresse suprême d’Allah : quiconque y pénètre est en sécurité. L’un des pieux prédécesseurs disait : « Celui qui craint Allah, toute chose le craint ; celui qui ne craint pas Allah, Allah le fait craindre toute chose. »
Voici donc dix moyens par lesquels le mal de l’envieux, de l’auteur du mauvais œil et du sorcier est repoussé. Nul ne s’avère plus bénéfique que de se tourner vers Allah, de s’approcher de Lui, de placer en Lui sa confiance, de s’en remettre à Lui, de ne rien craindre à Ses côtés mais de ne craindre que Lui seul, de n’espérer que Lui, de ne pas attacher son cœur à un autre, de n’appeler au secours que Lui et de ne rien attendre que de Lui. Sitôt que le cœur s’attache à autre que Lui, qu’il place son espoir ou sa crainte ailleurs, il est livré à cet autre et privé du soutien divin : quiconque craint quelque chose en dehors d’Allah sera placé sous son joug ; quiconque espère en autre qu’Allah sera déçu de ce côté et privé de son bien. Telle est la loi qu’Allah a établie pour Ses créatures, et tu ne trouveras jamais de changement à la loi d’Allah.
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Tu viens de découvrir une part des règles salutaires renfermées dans cette sourate.