vers Lui, dans le secret même des pensées de l’âme ; alors ses souhaits s’y insinuent, au rythme de ces pensées, peu à peu, jusqu’à ce qu’il les réduise, les submerge et les fasse totalement disparaître. Il ne demeure plus, dans ses idées, ses préoccupations ou ses espérances, que ce qui plaît au Seigneur : la recherche de Sa proximité, la quête de Son agrément, la supplique de Sa bienveillance et Son rappel, tout comme l’amant, doté d’un amour parfait, se rappelle sans cesse l’être aimé qui le comble de bienfaits, au point que son cœur déborde de sa passion pour lui. Son cœur se trouve alors dans l’impossibilité de cesser de L’évoquer, et son âme de se détourner de Son amour.
Parvenu à cet état, comment pourrait-il accepter que la demeure de ses pensées et son cœur soient occupés par des réflexions concernant son envieux, celui qui le maltraite, la manière de se venger de lui et les intrigues à ourdir contre lui ? Un tel espace ne peut exister que dans un cœur en ruine où n’habitent ni l’amour d’Allah, ni la vénération qui Lui est due, ni le désir de Son agrément. Bien au contraire, si l’ombre fugace d’une telle pensée effleure ce cœur et s’approche à son seuil, les sentinelles du cœur s’écrient : « Prends garde ! Domaine réservé du Roi ! Va plutôt vers les auberges où tout voyageur vient s’installer à sa guise. Que viens-tu faire dans la demeure du Souverain, autour de laquelle Il a disposé un corps de garde, posté des sentinelles et dressé un rempart ? »
Allah – qu’Il soit exalté – rapporte les propos de Son ennemi Iblis : (38, 82-83) « Par Ta puissance ! Je les égarerai assurément tous, sauf Tes serviteurs que Tu as rendus sincères. » Puis Il déclare : (15, 42) « Mes serviteurs ; sur eux tu n’as aucun pouvoir. » Et encore : (16, 99-100) « En vérité, il n’a d’autorité sur ceux qui croient et s’en remettent à leur Seigneur ; son autorité ne s’exerce que sur ceux qui l’adoptent pour allié et qui, à son propos, commettent l’association. » Au sujet du véridique Joseph – sur lui la paix –, Il dit : (12, 24) « Ainsi Nous l’éloignâmes du mal et de la turpitude ; il était, certes, l’un de Nos serviteurs élus. »
Quel bonheur immense pour celui qui a pénétré cette citadelle et s’est installé derrière la garde ! Il s’est réfugié dans une forteresse où nul n’a à craindre tant qu’il s’y retranche, où rien n’est perdu pour qui s’y abrite, et dont l’ennemi n’ose plus approcher. Voilà la grâce d’Allah ; Il la dispense à qui Il veut. Et Allah détient une grâce infinie.
Septième moyen : se dépouiller pour Allah d’une repentance sincère des péchés qui ont donné pouvoir à ses ennemis sur lui, car Allah – Très-Haut – dit : (42, 30) « Tout malheur qui vous atteint est dû à ce que… »