— à savoir le désir de voir disparaître le bienfait.
L’envie compte trois degrés : le premier est celui-ci.
Le deuxième consiste à souhaiter que l’absence de bienfait se maintienne. L’envieux déteste qu’Allah accorde à Son serviteur une grâce ; il préfère le voir demeurer dans son ignorance, sa pauvreté, sa faiblesse, la dispersion de son cœur loin d’Allah ou la faiblesse de sa religion. Il souhaite donc la permanence de ce manque et de ce défaut. Il s’agit là d’une envie visant quelque chose qui n’existe encore qu’à l’état potentiel, tandis que la première porte sur un bienfait déjà acquis.
Dans les deux cas, l’homme reste un envieux, ennemi des grâces d’Allah, ennemi de Ses serviteurs, exécré auprès d’Allah — exalté soit-Il — et auprès des gens. Jamais il ne connaîtra la préséance ni la véritable estime, car les hommes ne placent à leur tête que celui qui veut leur offrir le bien. Quant à celui qui déteste les bienfaits qu’Allah leur accorde, ils ne l’honorent jamais de leur plein gré ; s’ils y sont contraints, ils le considèrent comme un fléau et une calamité dont Allah les éprouve. Ils le haïssent et il les hait.
Le troisième type est l’envie d’émulation (ḥasad al-ghibṭa) : elle consiste à souhaiter posséder un bienfait similaire à celui du privilégié, sans qu’il en soit privé. Celle-ci n’est pas blâmable ; au contraire, elle s’apparente à la saine compétition. Allah — Très-Haut — dit : « Et c’est pour cela que rivaliseront ceux qui rivalisent » (83 : 26).
Dans un hadith authentique, le Prophète ﷺ a dit : « Il n’y a d’envie légitime que dans deux cas : un homme à qui Allah a donné des richesses et qu’il dépense pour la vérité ; et un homme à qui Allah a accordé la sagesse : il juge selon elle et l’enseigne aux gens. »
Il s’agit donc de l’envie d’émulation ; ce qui la motive, c’est l’élévation d’âme, l’amour des qualités de bien, le désir de ressembler à ceux qui les possèdent, d’entrer dans leur cercle, d’être parmi leurs précurseurs, leurs élites et les premiers rangs, et non parmi leurs traînards⦗1⦘. De cet élan naissent la rivalité, la course et la hâte vers le bien, tout en aimant celui qu’il envie d’émulation et en souhaitant la permanence de la grâce d’Allah sur lui. Cela n’entre en aucune façon dans la portée du verset.
Cette sourate est donc l’un des plus grands remèdes contre l’envie, car elle renferme le tawakkul (la confiance placée en Allah),