Satan ; toutefois, le service que Satan lui rend n’a rien d’un acte d’adoration, car Satan ne s’abaisse pas devant lui et ne le vénère pas, alors que, lui, se soumet à Satan.
L’essentiel est donc que tout cela constitue bel et bien, de sa part, une adoration vouée à Satan, même s’il préfère appeler cela une simple « utilisation ». Allah — exalté soit-Il — dit (36 : 60) : « Ne vous ai-Je pas enjoint, ô enfants d’Adam, de ne point adorer Satan ? Il est vraiment pour vous un ennemi déclaré. » Il dit encore (34 : 40-41) : « Le jour où Il les rassemblera tous, Il dira ensuite aux anges : “Est-ce vous que ceux-ci adoraient ?” — Ils répondront : “Gloire à Toi ! Tu es notre Protecteur, non pas eux. C’étaient plutôt les djinns qu’ils adoraient ; la plupart d’entre eux leur étaient dévoués.” »
Ces gens-là et leurs semblables sont donc des adorateurs des djinns et des démons ; ils en sont les alliés, ici-bas comme dans l’au-delà. Quel détestable protecteur et quel détestable compagnon ! Tel est le premier des deux types.
Le second type est celui que Satan aide, sans que la personne sollicite son concours : c’est l’envieux, son suppléant et son remplaçant, car tous deux sont ennemis des bienfaits d’Allah et s’emploient à les gâcher pour Ses serviteurs.
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Médite encore la manière dont le Très-Haut a limité « le mal de l’envieux » par ces mots : « lorsqu’il est en proie à sa jalousie ». Il arrive qu’un homme ressente de l’envie sans l’extérioriser ni causer aucun tort, que ce soit par le cœur, la langue ou la main ; il éprouve quelque chose intérieurement tout en ne traitant son frère que de la façon qu’Allah agrée. Nul n’est presque totalement préservé de cela, si ce n’est celui qu’Allah protège.
On demanda à al-Hasan al-Basrî : « Le croyant peut-il être jaloux ? » Il répondit : « As-tu donc oublié les frères de Joseph ? »
Il y a cependant une différence entre l’impulsion qui se trouve dans son cœur — qu’il n’écoute ni ne suit, préférant lui désobéir par obéissance à Allah, par crainte, pudeur et révérence envers Lui — et le fait même de détester les bienfaits qu’Allah accorde à Ses serviteurs, y voyant une opposition à Allah, une aversion pour ce qu’Allah aime et un amour pour ce qu’Il déteste. Celui-là lutte contre lui-même pour repousser cette impulsion ; il s’oblige à invoquer en faveur de la personne enviée et à souhaiter que le bien s’accroisse pour elle. À l’inverse, s’il concrétise cette envie, s’il l’entretient et en tire les conséquences — nuisant par le cœur, la langue ou les membres —, telle est l’envie blâmable. Tout cela reste malgré tout de l’envie.