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Dans Sa parole : « … et contre le mal de l’envieux lorsqu’il est en proie à sa jalousie », l’expression englobe tout envieux, qu’il appartienne aux djinns ou aux humains.
Le démon, avec ses partisans, jalouse les croyants pour les grâces qu’Allah leur a accordées, tout comme Iblîs a envié notre père Adam. Il demeure l’ennemi de sa descendance, comme le Très-Haut l’a dit (35 : 6) : « Le démon est pour vous un ennemi déclaré ; prenez-le donc pour ennemi. »
Cependant, les insinuations (waswas) sont plus particulièrement l’apanage des démons parmi les djinns, tandis que l’envie caractérise davantage les démons parmi les humains. Les insinuations touchent néanmoins les uns et les autres — comme on le verra —, et l’envie également ; chacun des deux “satans” est donc à la fois jaloux et instigateur. La demande de protection « contre le mal de l’envieux » les prend ainsi tous en compte.
La sourate renferme de la sorte la recherche de protection contre tout mal présent dans le monde.
Elle mentionne quatre catégories de maux dont on sollicite la protection : 1) un mal général, « le mal de ce qu’Il a créé » ; 2) « le mal de l’obscurité lorsqu’elle s’épaissit » — voilà deux catégories. Puis viennent 3) le mal du sorcier et 4) le mal de l’envieux, soit encore deux catégories, car ils procèdent de l’âme perverse.
L’un des deux recourt au démon et le vénère : c’est le sorcier. Rarement la magie se réalise sans quelque forme de culte rendu à Satan et de rapprochement envers lui, que ce soit en sacrifiant en son nom, ou en sacrifiant pour lui — ce qui revient à offrir une bête à autre qu’Allah —, ou par d’autres manifestations de polythéisme et de dépravation.
Quand bien même le sorcier refuserait de nommer cela « adoration du démon », c’en est bel et bien une, quels que soient les termes qu’il emploie. Le polythéisme et la mécréance se définissent par leur réalité et leur sens, non par l’étiquette qu’on leur colle. Quiconque se prosterne devant une créature et dit : « Ce n’est pas une prosternation, seulement une marque d’humilité, un baiser de la terre avec mon front comme je le fais pour remercier, ou un hommage », n’abolit pas, par ces paroles, le fait qu’il s’est prosterné devant autre qu’Allah ; qu’il nomme donc la chose comme il lui plaît.
De même, celui qui immole pour Satan, l’invoque, cherche refuge auprès de lui et se rapproche de lui par ce qu’il aime, l’a certes adoré, même s’il refuse de l’appeler ainsi et parle plutôt « d’utilisation ». Et, en un sens, il dit vrai : c’est Satan qui se sert de lui. Il devient ainsi l’un de ses serviteurs et adorateurs, et c’est de la sorte qu’il le sert.