Quant à la manière dont le Coran les présente comme envieux, elle est abondamment illustrée. Ainsi le Très-Haut dit (4 : 55) : « Ou bien envient-ils les gens pour ce qu’Allah leur a accordé de Sa grâce ? » Il dit encore (2 : 109) : « Beaucoup de gens du Livre souhaiteraient, par pure jalousie de leur part, vous faire revenir à la mécréance après que vous avez cru, alors même que la vérité s’est clairement manifestée à eux. »
Le démon fréquente le sorcier et l’envieux ; il s’entretient avec eux et les accompagne. Toutefois, l’envieux reçoit l’assistance des démons sans avoir à les invoquer, parce qu’il ressemble à Iblîs et, en réalité, fait partie de son camp : il recherche ce que le démon recherche, à savoir la corruption des hommes et la disparition des bienfaits qu’Allah leur dispense. Iblîs a en effet envié Adam pour la noblesse et la prééminence qu’Allah lui avait accordées, et, mû par cette jalousie, a refusé de se prosterner devant lui. L’envieux est donc un soldat d’Iblîs. Quant au sorcier, c’est lui qui sollicite l’aide du démon et s’appuie sur lui ; il peut même l’adorer en dehors d’Allah pour obtenir l’objet de ses demandes, allant parfois jusqu’à se prosterner devant lui.
Les ouvrages de magie et Le Secret scellé fourmillent, à ce sujet, de récits étonnants. C’est pourquoi, plus le sorcier est infidèle, vil et hostile envers Allah, Son Messager et les croyants, plus sa magie gagne en puissance et en efficacité. La magie des idolâtres dépasse celle des gens du Livre, et la magie des Juifs l’emporte sur celle de ceux qui se réclament de l’islam ; ce sont eux qui ensorcelèrent le Messager d’Allah ﷺ.
Le Muwaṭṭaʾ rapporte ces paroles de Kaʿb : « Je garde de la Torah certaines formules ; sans elles, les Juifs auraient fait de moi un âne : “Je me mets sous la protection de la Face grandiose d’Allah, Lui qui est sans égal, des paroles parfaites d’Allah que nul juste ni pervers ne saurait dépasser, et des plus beaux Noms d’Allah, ceux que je connais et ceux que je ne connais pas, contre le mal de toute créature qu’Il a créée, engendrée et façonnée.” »
En résumé, le sorcier et l’envieux ont l’un et l’autre pour dessein de nuire ; mais l’envieux agit par inclination naturelle, par son propre élan et par la haine qu’il nourrit envers la personne enviée, tandis que le démon s’allie à lui, le seconde, enjolive sa jalousie et l’ordonne d’en suivre les penchants. Le sorcier, quant à lui, œuvre selon son savoir, son acquis et l’aide qu’il sollicite des démons.