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Le lanceur du mauvais œil (ʿāʾin) et l’envieux (ḥāsid) ont un point commun, mais ils diffèrent aussi sur un autre.
Ils ont en commun que, chez l’un comme chez l’autre, l’âme adopte une certaine disposition et se dirige vers la personne qu’ils veulent atteindre.
Chez le ʿāʾin, cette disposition survient lorsqu’il se trouve en face de la personne visée et qu’il la regarde fixement.
Chez le ḥāsid, elle se manifeste aussi bien en l’absence qu’en la présence de l’être envié.
La différence est que le lanceur du mauvais œil peut toucher quelqu’un — ou quelque chose — qu’il n’envie pas : un objet inerte, un animal, une récolte ou un bien, même s’il lui est rarement possible de se soustraire totalement à la jalousie qu’il nourrit pour son propriétaire. Il arrive même que son œil se retourne contre lui-même. En effet, le simple fait de contempler une chose avec admiration et insistance, alors que son âme est traversée par cette disposition particulière, produit un effet à travers son regard.
Plusieurs exégètes ont commenté ainsi la parole du Très-Haut : 58 : 51 « Peu s’en faut que ceux qui ont mécru ne te fassent trébucher du regard lorsqu’ils entendent le Rappel ». Selon eux, il s’agit de l’atteinte par le mauvais œil ; les mécréants voulaient en frapper le Messager d’Allah ﷺ. Quelques personnes connues pour ce pouvoir le fixèrent et dirent : « Nous n’avons jamais vu son pareil, ni une argumentation semblable à la sienne. »
Il y avait, parmi eux, un homme devant qui passait une chamelle ou une vache engraissée ; il la frappait du mauvais œil, puis disait à son serviteur : « Prends le panier et une pièce d’argent, et rapporte-nous un peu de sa viande. » L’animal n’avait pas le temps de s’éloigner qu’il s’effondrait et on l’égorgeait.
Al-Kalbî rapporte qu’un Arabe restait parfois deux ou trois jours sans manger, puis soulevait le pan de sa tente ; lorsque des chameaux défilaient devant lui, il s’exclamait : « Je n’ai jamais vu, aujourd’hui, de chameaux ni de moutons plus beaux que ceux-là ! » Il ne s’écoulait qu’un instant avant qu’un groupe d’entre eux ne tombe. Les polythéistes demandèrent alors à cet homme d’atteindre le Messager d’Allah ﷺ du mauvais œil, comme il le faisait avec les autres. Mais Allah protégea Son Messager et le préserva, et Il fit descendre : « Peu s’en faut que ceux qui ont mécru ne te fassent trébucher du regard… » – telle est l’opinion d’un premier groupe.
Un second groupe, parmi lesquels Ibn Qutaybah, a affirmé que le verset ne signifie pas qu’ils t’atteignent