se manifeste en eux comme actions étonnantes et effets prodigieux – tout cela ne provient-il pas des âmes, les corps n’étant que leurs instruments, à la manière de l’outil pour l’artisan ? En vérité, l’œuvre est la sienne ; les outils ne sont que les intermédiaires par lesquels son action atteint l’objet façonné.
Quiconque possède un minimum de sagacité, observe l’état du monde et dont l’âme s’est affinée au point de percevoir la condition des esprits, leurs influences, la façon dont ils meuvent les corps et dont ceux-ci réagissent – tout cela se réalisant par le décret du Tout-Puissant, de l’Omniscient, Créateur des causes et des effets – verra des merveilles dans l’univers, des signes qui proclament l’unicité d’Allah et la grandeur de Sa seigneurie. Il discernera qu’il existe un autre monde régi par d’autres lois : on en constate les traces, tandis que ses causes demeurent invisibles aux regards.
Béni soit Allah, Seigneur des mondes, le Meilleur des créateurs, Lui qui a parachevé Son ouvrage et embelli toute chose qu’Il a créée.
Il n’y a aucune commune mesure entre le monde des corps et celui des esprits : ce dernier est plus vaste, plus grand ; ses prodiges sont plus éclatants et ses signes plus étonnants.
Contemple donc cette charpente humaine : quand l’âme l’a quittée, elle devient pareille à une bûche ou à un simple morceau de chair. Où sont passés alors ce savoir, ces sciences, cette intelligence, ces talents surprenants, ces actes extraordinaires, ces pensées, ces projets ?
Comment tout cela s’est-il évanoui avec l’âme, laissant la carcasse, désormais semblable à la poussière ? Qu’est-ce donc, dans l’homme, qui te parle, te voit, t’aime ou se lie à toi, ou bien te prend en inimitié, t’allège ou t’accable, te rassure ou t’effraie, sinon cette réalité qui se tient derrière la structure visible à l’œil nu ?
Ainsi rencontre-t-on parfois un homme massif, de forte carrure, qui, pourtant, est léger à ton cœur et agréable à tes yeux ; tandis qu’un autre, frêle et menu, te pèse plus lourd qu’une montagne. Cela tient à la finesse, la légèreté et la douceur de l’âme du premier, et à la densité, la rudesse et l’amertume de l’âme du second.
En somme, l’affection et la connexion qui unissent les personnes, comme l’aversion et l’éloignement qui les séparent, procèdent d’abord des âmes ; les enveloppes corporelles ne font que suivre.