— lui en est, qu’Allah l’en préserve, infiniment éloigné. Tout esprit sensé sait qu’il ne s’agit que de mensonges, de calomnies et de pures affabulations.
Quant à votre affirmation selon laquelle l’ensorcellement des prophètes s’opposerait à la protection qu’Allah leur accorde, sachez que — de même qu’Il les protège, les préserve et veille sur eux — Il les éprouve aussi, s’Il le veut, par l’hostilité des mécréants. C’est ainsi qu’ils méritent la plénitude de Sa noblesse ; c’est ainsi encore que leurs communautés et leurs successeurs, lorsqu’ils seront persécutés, y trouveront un réconfort : voyant ce qu’endurèrent les messagers, ils patientent, se résignent avec agrément et prennent exemple sur eux. De plus, la coupe des négateurs se remplit jusqu’au bord ; ils deviennent alors dignes du châtiment prompt qui les attend ici-bas et du supplice différé de l’au-delà. Allah les anéantit à cause de leur tyrannie et de leur violence, hâtant ainsi la purification de la terre. Telle est, entre autres, la sagesse du Très-Haut lorsqu’Il éprouve Ses prophètes et Ses messagers par les vexations de leur peuple. Il possède la sagesse parfaite et la grâce inépuisable ; nul dieu en dehors de Lui, nul Seigneur autre que Lui.
La parole divine : « contre le mal des souffleuses sur les nœuds » (113 : 4), ainsi que le hadith d’Aïcha déjà cité, prouvent l’efficacité de la sorcellerie et attestent sa réalité.
Un groupe de théologiens spéculatifs, muʿtazilites et autres, l’ont néanmoins niée : selon eux la magie n’aurait absolument aucun effet — ni maladie, ni mort, ni déliaison, ni entrave. Elle ne serait, disent-ils, qu’une illusion aux yeux des spectateurs, sans aucune existence réelle.
Or cette opinion contredit les témoignages unanimement transmis des Compagnons et des premières générations. Elle va à l’encontre du consensus des juristes, des exégètes et des spécialistes du hadith, et s’oppose à ce que reconnaît la majeure partie des esprits raisonnables.
La sorcellerie qui provoque maladie, lourdeur, blocages, amour, haine, hémorragie et bien d’autres effets encore, existe bel et bien ; la plupart des gens le savent, et nombre d’entre eux l’ont même éprouvée personnellement. Le verset : « contre le mal des souffleuses sur les nœuds » montre en outre que ce souffle nuit à l’ensorcelé alors même qu’il est absent. Si, comme le prétendent ces négateurs, le dommage ne pouvait survenir qu’à la suite d’un contact corporel direct, ni ce souffle ni celles qui soufflent n’auraient constitué un mal dont on chercherait protection.
Par ailleurs, si l’on admet qu’un sorcier peut ensorceler tous les regards des spectateurs, aussi nombreux soient-ils