Habbâb, d’après Zayd ibn Arqam, qui raconta :
« Un homme parmi les juifs jeta un sort au Prophète ﷺ, et celui-ci en souffrit plusieurs jours. Gabriel se présenta alors à lui et dit : “Un juif t’a ensorcelé et a, pour cela, noué des nœuds.” Le Messager d’Allah ﷺ envoya donc ʿAlî, qui les récupéra et les rapporta. Chaque fois qu’il déliait un nœud, le Prophète éprouvait un soulagement. Il se leva finalement comme un chameau qu’on vient de détacher. Jamais il ne mentionna l’affaire à ce juif et son visage ne laissa paraître aucune hostilité à son égard. »
Ibn ʿAbbâs et ʿÂ’isha ont dit : « Un jeune serviteur juif était attaché au service du Messager d’Allah ﷺ. Des juifs l’approchèrent sans relâche jusqu’à ce qu’il recueille les cheveux qu’on avait peignés de la tête du Prophète ainsi que quelques dents de son peigne. Il les leur remit, et ils s’en servirent pour le sorcier. L’opération fut menée par Labîd ibn al-Aʿṣam, un homme juif, et ces deux sourates furent révélées à cette occasion. »
Al-Baghawî rapporte : « On dit que le talisman était piqué d’aiguilles. Allah fit alors descendre ces deux sourates, qui totalisent onze versets : cinq pour al-Falaq et six pour an-Nâs. À chaque verset récité, un nœud se défaisait, jusqu’à ce qu’ils soient tous dénoués. Le Prophète ﷺ se releva alors comme un homme que l’on vient de libérer de ses entraves. » On rapporte encore qu’il resta sous l’effet de ce charme pendant six mois, dont trois jours d’extrême intensité, puis les deux sourates protectrices furent révélées.
Les savants expliquent que la sorcellerie dont il fut victime ne fut qu’une maladie passagère dont Allah le guérit. Il n’y a là ni défaut ni déshonneur ; la maladie, en effet, peut atteindre les prophètes, tout comme l’évanouissement : il s’évanouit durant sa dernière maladie et chuta lorsqu’un de ses pieds glissa, écorchant son flanc. Par ces épreuves, Allah élève davantage leur rang et accroît leur dignité.
Les plus éprouvés des hommes sont les prophètes : leurs communautés les ont exposés au meurtre, aux coups, aux insultes et à l’emprisonnement. Il n’est donc pas étonnant que le Prophète ﷺ ait été mis à l’épreuve par une forme de sorcellerie de la part de certains ennemis, tout comme il le fut par celui qui le blessa d’un jet de pierre ou par celui qui, alors qu’il était en prosternation, déposa sur son dos la matrice ⦗1⦘ d’une chamelle, entre autres vexations. Rien de tout cela ne les diminue ni ne les entache ; bien au contraire, cela fait partie de leur perfection et de l’élévation de leurs degrés auprès d’Allah.