et elle fut de nouveau ensevelie ; il ne l’exhuma donc pas pour la montrer aux gens. L’extraction qui eut effectivement lieu n’était donc pas celle au sujet de laquelle ʿÂ’isha l’avait interrogé.
Ce qui le confirme, c’est que le Prophète ﷺ se rendit au puits avec pour seul but d’en retirer le talisman ; il n’y alla pas pour le contempler puis s’en aller, car il n’avait aucun intérêt à agir ainsi. – Allah est plus savant.
Ce hadith est solidement établi auprès des spécialistes de la tradition prophétique et unanimement accueilli par eux : ils ne divergent pas sur son authenticité. Pourtant, il a dérouté nombre de théologiens spéculatifs et autres, qui l’ont âprement contesté et taxé de mensonge. Certains ont même rédigé un ouvrage entier pour le réfuter, s’en prenant à Hishâm ; le propos le plus mesuré qu’ils aient tenu à son encontre est : « Il s’est trompé, l’affaire s’est embrouillée pour lui ; rien de tout cela ne s’est produit. » Ils avancent en effet que le Prophète ﷺ ne peut avoir été ensorcelé, car cela reviendrait à confirmer la parole des mécréants : 17 : 47 et 25 : 8 — « Vous ne suivez qu’un homme ensorcelé ».
Ils ajoutent : c’est bien ce que Pharaon dit à Moïse — 17 : 101 : « Je pense, ô Moïse, que tu es ensorcelé » —, ce que le peuple de Ṣâlih lui déclara — 26 : 153 : « Tu n’es, en vérité, qu’un homme ensorcelé » —, et ce que le peuple de Chuʿayb lui lança — 26 : 185 : « Tu n’es, en vérité, qu’un homme ensorcelé ». Ils en concluent que les prophètes ne sauraient être victimes de sorcellerie, car cela contredirait la protection divine et leur préservation contre les démons.
Cette assertion est pourtant rejetée par les savants. Hishâm compte en effet parmi les transmetteurs les plus fiables et les plus érudits, et aucun imâm n’a formulé à son encontre une critique qui justifierait de rejeter son récit. Que viennent donc faire les théologiens spéculatifs dans ce domaine ? D’autres que Hishâm ont rapporté ce hadith de ʿÂ’isha, et les auteurs des deux Ṣaḥîḥ se sont accordés à l’authentifier ; pas un seul spécialiste du hadith n’a émis la moindre réserve. Le récit est célèbre chez les exégètes, les compilateurs de Sunan, les historiens et les juristes – lesquels connaissent mieux la vie et les circonstances du Messager d’Allah que les théologiens spéculatifs.
Abû Bakr ibn Abî Shayba rapporte : « Abû Muʿâwiya nous a relaté, d’après al-Aʿmash, d’après Yazîd ibn … »