Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

Al-Bukhârî rapporte, d’après Ibn ʿUyayna, qui déclara : « Le premier à nous avoir transmis ce récit fut Ibn Jurayj ; il tenait cela de la famille de ʿUrwa, d’après ʿUrwa. Je questionnai alors Hishâm à ce sujet et il nous rapporta, d’après son père, d’après ʿÂ’isha : “Le Messager d’Allah ﷺ fut ensorcelé au point qu’il croyait s’être rendu auprès de ses épouses alors qu’il ne l’avait pas fait.” » Sufyân commenta : « C’est là la forme la plus grave de la sorcellerie. »

Il (le Prophète) dit ensuite : « Ô ʿÂ’isha, sais-tu qu’Allah m’a donné la réponse à la demande que je Lui avais soumise ? Deux hommes sont venus à moi ; l’un s’est assis près de ma tête et l’autre à mes pieds. Celui qui était près de ma tête dit à l’autre : “Qu’a donc cet homme ?” – “Il est ensorcelé”, répondit-il. – “Qui l’a ensorcelé ?” – “Labid ibn al-Aʿṣam, un homme des Banû Zurayq, allié des Juifs ; c’était un hypocrite.” – “Avec quoi ?” – “Avec un peigne et des résidus de coiffure.” – “Où cela se trouve-t-il ?” – “Dans la spathe desséchée d’un régime mâle de palmier-dattier, sous la raʿûfa (pierre servant de marche) du puits de Dhurawân.” »

Le Prophète se rendit donc au puits pour en extraire le charme, puis il déclara : « C’est bien le puits qui m’a été montré ; son eau ressemble à une décoction de henné et ses palmiers paraissent des têtes de démons. » Il fit alors retirer l’amulette. ʿÂ’isha rapporte : « Je lui dis : “N’irais-tu pas – c’est-à-dire, ne pratiquerais-tu pas la nushra (l’exorcisme de levée) ?” Il répondit : “Quant à moi, Allah m’a déjà guéri, mais je répugne à susciter chez les gens un mal quelconque.” »

Ce hadith atteste donc qu’il fit extraire le talisman. Al-Bukhârî l’a placé sous le titre : « Chapitre : Faut-il extraire le sortilège ? »

Qatâda rapporte : « J’ai demandé à Saʿîd ibn al-Musayyab : “Un homme atteint de sorcellerie et qui s’éloigne de son épouse – peut-on rompre le charme et le délivrer ?” Il répondit : “Il n’y a aucun mal à cela, car l’on cherche à rétablir la situation. Tout ce qui profite aux gens n’a pas été interdit.” »

À première vue, ces deux hadiths pourraient sembler se contredire. La première version – celle de ʿÎsâ transmise par Hishâm d’après son père – indique qu’il ne le fit pas extraire, tandis que la version d’Ibn Jurayj rapportée par Hishâm affirme qu’« il le fit extraire ». Il n’y a pourtant aucune opposition : il retira bien le charme du puits afin de le voir et de l’identifier, puis il le réenterra après sa guérison. Quant à la parole de ʿÂ’isha : « Pourquoi ne l’as-tu pas retiré ? », elle signifie : « Pourquoi ne l’as-tu pas montré aux gens pour qu’ils le constatent de leurs propres yeux ? » Il lui exposa la raison de son abstention : les musulmans n’auraient pas laissé passer l’affaire sans réagir, la réprobation se serait élevée, les proches du sorcier se seraient fâchés et un désordre en aurait résulté. Or l’objectif – la guérison et le rétablissement – avait déjà été atteint. Il donna alors des ordres à ce sujet

وقد روى البخاري من حديث ابن عيينة قال: «أول من حدثنا به ابن جريج يقول: حدثني آل عروة عن عروة. فسألت هشاما عنه؟ فحدثنا عن أبيه عن عائشة: كان رسول الله ﷺ سحر، حتى كان يرى أنه يأتي النساء ولا يأتيهن. قال سفيان: وهذا أشد ما يكون من السحر، إذا كان كذا. فقال: يا عائشة، أعلمت أن الله قد أفتاني فيما استفتيته فيه؟ أتاني رجلان، فقعد أحدهما عند رأسي، والآخر عند رجلي. فقال الذي عند رأسي للآخر: ما بال الرجل؟ قال: مطبوب. قال: ومن طبّه؟ قال: لبيد بن الأعصم، رجل من بني زريق حليف ليهود. وكان منافقا. قال: وفيم؟ قال: في مشط ومشاقة. قال: وأين؟ قال في جفّ طلع ذكر، تحت راعوفة في بئر ذروان. قال: فأتي البئر حتى استخرجه. فقال: هذه البئر التي أريتها، وكأنّ ماءها نقاعة الحناء، وكأن نخلها رؤوس الشياطين. قال: فاستخرج. قالت. فقلت: أفلا- أي تنشّرت-؟ قال: أمّا الله فقد شفاني، وأكره أن أثير على أحد من الناس شرا» . ففي هذا الحديث: أنه استخرجه. وترجم البخاري عليه: باب هل يستخرج السحر. وقال قتادة: قلت لسعيد بن المسيب: رجل به طبّ، ويؤخذ عن امرأته أيحلّ عنه وينشر؟ قال: لا بأس به، إنما يريدون به الإصلاح. فأما ما ينفع الناس فلم ينه عنه. فهذان الحديثان قد يظن في الظاهر تعارضهما. فإن حديث عيسى عن هشام عن أبيه: الأول فيه: أنه لم يستخرجه. وحديث ابن جريج عن هشام فيه «أنه استخرجه» ولا تنافي بينهما. فإنه استخرجه من البئر حتى رآه وعلمه، ثم دفنه بعد أن شفي. وقول عائشة «هلا استخرجته؟» أي هلا أخرجته للناس حتى يروه ويعاينوه؟ فأخبرها بالمانع له من ذلك، وهو أن المسلمين لم يكونوا ليسكتوا عن ذلك، فيقع الإنكار، ويغضب للساحر قومه، فيحدث الشر. وقد حصل المقصود بالشفاء والمعافاة. فأمر بها

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