désignerait la lune lorsqu’elle est éclipsée.
Par ailleurs, aucun philologue n’a jamais affirmé que le mot waqûb désigne l’éclipse ; il signifie seulement l’« entrée », comme on le dit : « waqabat l-ʿayn » lorsque l’œil se creuse, ou « riqyatun waqabâ’ » pour un puits dont l’eau s’est retirée et s’est enfoncée au fond de la terre. De là vient encore le terme waqab pour l’orifice où s’insère un axe. Les Arabes emploient le verbe waqaba / yaqibu / waqûban pour signifier « entrer, s’enfoncer ».
Objection : « Que répondez-vous à ceux qui prétendent que le ghâsiq serait la constellation des Pléiades (ath-thurayyâ) lorsqu’elle se couche, parce que les maladies se multiplient à son coucher et s’atténuent à son lever ? »
Réponse : si l’on veut, par là, réserver exclusivement le nom ghâsiq à l’astre lorsqu’il disparaît, c’est infondé. En revanche, si l’on entend que le terme peut, d’une certaine manière, englober ce phénomène par son sens implicite, son intention ou sa suggestion, cela reste envisageable ; mais en faire son sens unique est sans fondement.
Fasl (Paragraphe)
La raison pour laquelle Allah a ordonné de chercher refuge contre le mal de la nuit et contre le mal de la lune lorsqu’elle se couche, c’est que, dès que la nuit s’installe, elle devient le domaine des esprits mauvais et malfaisants ; les démons s’y répandent. Dans le Sahîh, le Prophète ﷺ a rapporté que « lorsque le soleil se couche, les démons se dispersent », d’où sa recommandation : « Rassemblez vos enfants, retenez vos troupeaux jusqu’à ce que tombe l’obscurité du crépuscule. » Dans un autre hadith : « Car Allah laisse alors se répandre parmi Sa création ce qu’Il veut. »
La nuit est le règne de l’obscurité ; on y voit s’exercer un pouvoir des démons – qu’ils soient humains ou djinns – bien supérieur à celui qu’ils disposent le jour. Le jour est clarté ; l’emprise des démons s’exerce dans les ténèbres, les lieux sombres et sur les gens des ténèbres.
On rapporte qu’on demanda un jour à Musaylima : « Comment l’entité qui t’apparaît vient-elle à toi ? » Il répondit : « Dans une nuit d’épaisse obscurité. »
Le Prophète ﷺ, à la même question – « Comment te vient-il (l’ange) ? » – répondit : « Comme dans la clarté du plein jour. »