par ce moyen vers Lui, n’implique donc nullement qu’Il soit, en Son essence, dans Ses attributs ou dans Ses actes, absolument sanctifié de tout mal. Il n’en va pas de même du propos tenu par l’Infaillible, le Véridique que tout confirme ; celui-ci proclame qu’en Son essence, le Très-Haut est glorifié au point qu’aucune forme de mal ne peut Lui être attribuée, que ce soit dans Ses attributs, dans Ses actes ou dans Ses noms.
Certes, le mal existe parmi Ses créatures, comme dans cette parole : 113:1-2 « Dis : “Je cherche protection auprès du Seigneur de l’aube, contre le mal de ce qu’Il a créé.” »
Observe la méthode coranique : tantôt le mal est rattaché à sa cause et à ceux qui le commettent, ainsi qu’il apparaît dans 2:254 « et les négateurs, ce sont eux les injustes »; 5:111 « Allah ne guide pas les gens dépravés »; 4:160 « C’est à cause des injustices des Juifs… »; 6:146 « Voilà comment Nous les avons rétribués pour leur rébellion »; 43:76 « Nous ne leur avons point fait tort ; ils furent eux-mêmes les injustes. » Les exemples seraient trop nombreux pour être tous cités ici ; l’intention est seulement d’illustrer le principe.
D’autres fois, le sujet agissant est passé sous silence, comme dans les propos des croyants parmi les djinns : 72:10 « Nous ne savons vraiment pas si un mal est voulu pour ceux qui sont sur terre ou si leur Seigneur veut pour eux la droiture. » Ils taisent donc l’agent du mal, tout en nommant explicitement Celui qui veut la droiture.
On retrouve la même tournure dans la Fâtiha : « le sentier de ceux que Tu as comblés de bienfaits, non pas de ceux qui ont encouru la colère, ni des égarés ». Le bienfait est rapporté à Lui, l’égarement est imputé à ceux qui l’endossent, tandis que l’auteur de la colère demeure sous-entendu.
Il en est de même pour la parole d’al-Khidr au sujet du navire : 18:79 « Je voulais la rendre défectueuse », puis, au sujet des deux orphelins : 18:82 « Ton Seigneur a voulu qu’ils atteignent leur pleine maturité et qu’ils extraient leur trésor, par miséricorde de ton Seigneur. »
Citons encore 49:7 : « Mais Allah vous a fait aimer la foi, l’a embellie dans vos cœurs et vous a fait détester la négation, la perversité et la désobéissance », où l’ornement aimable est attribué à Lui. En revanche, 3:14 déclare : « On a enjolivé aux hommes l’amour des désirs : les femmes, les enfants… », laissant l’agent de cet enjolivement dans l’ombre.
Enfin, écoute la parole d’Abraham : 26:78-82 « C’est Lui qui m’a créé, c’est donc Lui qui me guide ; c’est Lui qui me nourrit et m’abreuve ; et lorsque je tombe malade, c’est Lui qui me guérit ; c’est Lui qui me fera mourir puis me fera revivre ; et c’est de Lui que j’espère le pardon de mes fautes au Jour du Jugement. »