de la miséricorde et de la bienfaisance, ainsi que la juste rétribution d’une belle œuvre par un équivalent, voire davantage. Si l’on substitue à cela la sanction, les dispositions premières et les intelligences la réprouvent avec la plus vive indignation et la jugent tout à fait scandaleuse.
De même, si l’on place la bienfaisance, la miséricorde et l’hommage là où devraient se trouver la punition et la revanche – comme lorsqu’on honore au plus haut point, élève et couvre d’égards celui qui s’emploie à nuire aux gens, à attenter à leurs biens, à leurs familles et à leur sang – les natures saines et les esprits raisonnables refusent de trouver cela louable et témoignent de la sottise de celui qui agit ainsi. Tel est le dispositif originel qu’Allah a imprimé dans l’humanité.
Pourquoi donc l’intellect et la nature primordiale ne reconnaîtraient-ils pas Sa sagesse parfaite, Sa puissance et Sa justice lorsqu’Il place Son châtiment là où il est le plus à sa place, là où la punition est la plus méritée ? S’Il y répandait plutôt les bienfaits, ils ne seraient ni convenables ni appréciables et la contradiction avec la sagesse apparaîtrait au grand jour, comme l’a dit le poète :
« Le bienfait d’Allah n’est jamais blâmable,
pourtant il peut paraître odieux à certains. »
Ainsi, les grâces divines ne sauraient convenir, ni embellir, ni s’harmoniser avec les ennemis d’Allah : ceux qui barrent Son chemin, s’emploient à contrarier Son bon plaisir, se réjouissent lorsqu’Il se met en colère et s’irritent lorsqu’Il Se montre satisfait ; ceux qui annulent ce qu’Il a décrété et s’efforcent de faire que l’appel, le jugement et l’obéissance reviennent à un autre que Lui. Ils s’opposent à Lui dans tout ce qu’Il veut : ils aiment ce qu’Il déteste et y invitent les autres ; ils haïssent ce qu’Il aime et en détournent les gens ; ils se lient d’amitié avec Ses ennemis – les créatures les plus haïssables à Ses yeux – et leur prêtent main-forte contre Lui et contre Son Messager, comme le Très-Haut l’a dit : 25:55 « Le mécréant se fait l’allié de son Seigneur pour Le combattre. » Il a encore dit : 18:50 « Lorsque Nous dîmes aux anges : “Prosternez-vous devant Adam”, ils se prosternèrent, sauf Iblis ; il était l’un des djinns et se rebella contre l’ordre de son Seigneur. Allez-vous donc, en dehors de Moi, le prendre, lui et sa descendance, pour alliés, alors qu’ils sont vos ennemis ? »
Réfléchis donc à la portée de ce discours, dont la douceur, la majesté et la menace saisissent l’âme : vois comme il commence par nous informer qu’Il avait ordonné à Iblis de se prosterner devant notre père, qu’il s’y refusa et qu’Il le bannit