Le mal réside donc dans ce qui atteint l’agresseur du fait même de cette sanction. Quant à ce qui, dans cette sanction, relève de la volonté, du vouloir et de l’action du Seigneur, c’est la quintessence même du bien et de la sagesse.
Ne laisse donc pas s’épaissir le voile qui t’empêcherait de comprendre cette nouvelle capitale, ce secret qui te fait pénétrer la question du décret, t’ouvre la voie menant à Dieu et te révèle Sa sagesse, Sa miséricorde et Sa bienfaisance envers les créatures. Car, de même qu’Il est le Bienfaiteur, le Miséricordieux, le Tout-Affectueux, Il est aussi le Sage, le Souverain, le Juste ; Sa sagesse ne contredit pas Sa miséricorde. Il place Sa miséricorde, Sa bonté et Sa bienveillance où elles doivent être, et Il place Sa sanction, Sa justice, Sa revanche et Sa rigueur où elles doivent être ; l’un et l’autre procèdent de Sa puissance et de Sa sagesse. Il est le Tout-Puissant, le Sage. Il ne convient donc pas à Sa sagesse de mettre Sa satisfaction et Sa miséricorde là où doivent se trouver la colère et la punition, ni de mettre Sa colère et Sa punition là où doivent se trouver Sa satisfaction et Sa miséricorde.
Ne prête aucune attention à la parole de celui dont le voile à l’égard de Dieu est épais et qui prétend que, pour Lui, les deux situations se valent absolument, qu’il n’y a aucune différence et qu’il ne s’agit que d’une pure volonté, sans cause ni sagesse.
Parcours le Coran du début à la fin : tu verras qu’il se charge de réfuter cette affirmation, de la condamner avec la plus grande vigueur et de disculper le Seigneur d’une telle conception. Il dit, par exemple : 68 : 35-36 « Allons-Nous traiter les musulmans comme les criminels ? Qu’avez-vous donc ? Comment jugez-vous ? » ; puis : 45 : 21 « Ceux qui se sont rendus coupables de mauvaises actions pensent-ils que Nous les placerons sur le même rang que ceux qui ont cru et accompli des œuvres pies, que leur vie d’ici-bas et leur mort seraient semblables ? Quel détestable jugement ! »
Et encore : 38 : 28 « Allons-Nous considérer ceux qui ont cru et accompli des œuvres pies comme les corrupteurs sur la terre ? Tiendrons-Nous les pieux pour égaux aux pervers ? » Ainsi le Très-Haut désavoue-t-Il quiconque nourrit à Son égard une telle mauvaise pensée et Se tient, exalté soit-Il, au-dessus d’une telle chose.
Il ressort de tout cela qu’il est fermement inscrit dans la nature primordiale et dans les esprits sains qu’une telle chose ne saurait être et ne convient ni à Sa sagesse, ni à Sa puissance, ni à Sa divinité ; il n’est de divinité que Lui, exalté soit-Il bien au-dessus de ce que profèrent les ignorants.
De plus, Dieu a façonné l’intellect de Ses serviteurs de telle sorte qu’ils réprouvent le fait de placer la sanction et la vengeance à la place